
En République démocratique du Congo, la Haute Cour militaire s’apprête à statuer en dernier ressort sur le meurtre de deux experts internationaux. Michael Sharp et Zaida Catalan ont été tués en mars 2017 alors qu’ils menaient des investigations sur des violations commises par la milice Kamwina Nsapu dans la région du Kasaï.
Le tribunal militaire avait déjà rendu un premier jugement en 2022, prononçant cinquante et une condamnations à mort et une peine de dix années d’emprisonnement. Le ministère public militaire avait alors formé un appel, ouvrant la voie à cette nouvelle audience de révision.
Avant l’annonce de la décision finale, la Commission nationale des droits de l’homme réclame un verdict fondé sur la justice et la crédibilité. L’institution demande aux magistrats d’approfondir les investigations afin d’identifier et de poursuivre les véritables instigateurs du crime, restés jusqu’à présent hors de portée de la justice.
Le président de la Commission souligne que des preuves suggèrent l’existence de commanditaires non encore traduits en justice. Il indique que plusieurs témoins potentiels n’ont jamais été entendus et qu’une coordination entre les autorités nationales et internationales pourrait permettre de relancer les poursuites vers les auteurs intellectuels du double assassinat.
La Commission plaide pour une action déterminée visant à garantir que ce dossier ne soit pas clos prématurément. Elle souligne l’importance de recueillir les témoignages disponibles et d’explorer toutes les pistes, notamment en collaboration avec les autorités judiciaires américaines, afin que les responsables directs et indirects répondent de leurs actes.



