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Lula rejette le projet de loi visant à réduire la peine de prison de Bolsonaro au Brésil

Esteban Ortega

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a rejeté jeudi une mesure parlementaire visant à réduire considérablement la peine de prison de vingt-sept ans prononcée contre Jair Bolsonaro pour tentative de coup d’État. Ce geste intervient symboliquement lors des commémorations du troisième anniversaire des troubles de janvier 2023.

L’assemblée législative dispose néanmoins du pouvoir d’annuler ce veto par vote majoritaire. Les partisans de l’ancien président ont immédiatement signalé leur intention de contester cette décision. Cette confrontation illustre les tensions persistantes entre les deux camps politiques brésiliens.

Le texte rejeté réduirait la durée effective d’incarcération à un peu plus de deux ans, contre environ huit ans selon la législation actuelle. Il prévoyait également la libération conditionnelle de centaines de manifestants condamnés lors des émeutes qui ont endommagé les institutions fédérales.

Les attaques contre les bâtiments gouvernementaux marquaient la protestation des partisans de Bolsonaro une semaine après l’installation de Lula pour son troisième mandat en 2023. Ils exigeaient l’intervention de l’armée pour renverser le président de gauche qui avait remporté l’élection d’octobre 2022.

Durante sa déclaration au palais présidentiel du Planalto, victime des saccages, Lula a insisté sur la préservation des institutions démocratiques contre toute tentative d’usurpation du pouvoir par la force. Il a souligné que cette date représente désormais le triomphe de la démocratie.

Flavio Bolsonaro, fils aîné du prisonnier et sénateur de quarante-quatre ans, a dénoncé sur les réseaux sociaux une persécution politique systématique et discriminatoire. Il s’est engagé à mobiliser le Parlement pour invalider le veto présidentiel.

La Cour suprême avait condamné l’ancien chef d’État en septembre après établir sa culpabilité dans une conspiration pour conserver le pouvoir par des moyens autoritaires. Les juges ont considéré que les violences de Brasilia faisaient partie intégrante de ce projet.

Depuis fin novembre, Bolsonaro demeure incarcéré aux locaux de la police fédérale. Le ministre de la Justice a affirmé que les crimes contre l’ordre démocratique demeurent imprescriptibles et ne peuvent faire l’objet d’amnistie ou de grâce.

Environ mille quatre cents personnes ont été jugées coupables de participation aux troubles, dont près de quatre cents reçoivent des condamnations dépassant dix années de détention. La défense de l’ancien président demande régulièrement une détention à domicile invoquant des problèmes médicaux.

Mercredi, après une chute dans sa cellule, Bolsonaro s’est soumis à des examens révélant un léger traumatisme crânien sans lésion majeure. Il avait précédemment subi une intervention chirurgicale pour hernie inguinale, puis regagné l’établissement pénitentiaire le premier janvier.

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