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Les frappes russes contre l’Ukraine mettent en avant le missile balistique hypersonique Orechnik

Esteban Ortega

Le ministère russe de la Défense a annoncé le 9 janvier avoir mené une attaque massive utilisant le missile Orechnik contre des cibles critiques en Ukraine. Cette action aurait été présentée comme une riposte à une supposée attaque contre la résidence présidentielle de Vladimir Poutine à Valdaï, fin décembre 2025. Le ministère affirme que les objectifs ont été atteints, ciblant notamment les sites de production de drones et les infrastructures énergétiques soutenant l’industrie militaire ukrainienne.

L’Orechnik, dont le nom signifie « noisetier » en russe, représente une arme récente dans l’arsenal russe. Ces missiles balistiques peuvent être équipés de charges nucléaires et sont conçus pour atteindre des cibles à très longue distance. La Russie a expressément mis en avant le potentiel destructeur de cette technologie. Son utilisation confirmée remonte à novembre 2024, lors du bombardement de Dnipro.

Les autorités ukrainiennes ont documenté un impact près de Lviv dans l’ouest du pays. Le commandement Ouest des forces aériennes ukrainiennes précise qu’un missile balistique s’est déplacé à environ 13 000 kilomètres à l’heure selon une trajectoire balistique. Les blogueurs russes pro-guerre sur Telegram ont évoqué des frappes visant le terminal gazier de Stryi, le plus grand site de stockage de gaz en Europe, situé à environ 70 kilomètres au sud de Lviv.

Le Kremlin a justifié son action en affirmant que l’Ukraine avait attaqué la résidence de Poutine à l’aide de drones, qualifiant cet acte de terrorisme. Aucune preuve n’a été fournie. Kyiv et l’Union européenne ont immédiatement rejeté ces affirmations. Donald Trump a déclaré ne pas croire à cette attaque, affirmant que si quelque chose s’était produit à proximité, cela n’avait rien à voir avec les prétentions russes.

Le ministre des Affaires étrangères ukrainien Andriy Sybiha a dénoncé cette frappe comme une menace pour l’Europe et un « test » pour les alliés occidentaux. Il a souligné que cette attaque à proximité des frontières de l’UE et de l’OTAN constituait un grave risque pour la sécurité continentale. Sybiha a qualifié la justification russe d’« hallucination », insistant sur le fait que l’attaque contre Poutine n’avait jamais eu lieu.

Moscou a averti que les troupes occidentales seraient considérées comme des cibles militaires légitimes si elles étaient déployées en Ukraine après un cessez-le-feu. Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a qualifié l’Ukraine et ses alliés d’« axe de guerre ». La Russie continue de rejeter le déploiement de forces occidentales, citant ses préoccupations concernant l’expansion de l’OTAN.

Dans la nuit du vendredi au samedi, Kyiv a subi une attaque massive tuant quatre personnes et en blessant dix-neuf autres. L’armée de l’air russe a lancé 36 missiles et 242 drones de différents types. Les systèmes de défense aérienne ukrainiens ont abattu 226 drones et 18 missiles. Un secouriste figurait parmi les victimes, tué alors qu’il portait assistance dans le district de Darnytskyi.

Plusieurs quartiers de la capitale ont été endommagés par l’assaut. Des drones se sont écrasés sur des immeubles résidentiels, des incendies se sont déclarés et l’eau courante ainsi que l’électricité ont été interrompues dans certains secteurs. Le président Zelensky a mis en garde contre les tentatives russes de profiter des conditions météorologiques glaciales pour mener une offensive à grande échelle.

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