
Une boxeuse médaillée d’or a déposé plainte à Paris en août 2024, dénonçant une campagne brutale de harcèlement en ligne. L’enquête menée par l’Office central de lutte contre les crimes de haine a permis d’identifier l’un de ses harceleurs présumés : un influenceur d’extrême droite connu sous le pseudo Papacito, de son vrai nom Ugo Gil-Jimenez.
Cet individu est accusé d’avoir diffusé des contenus offensants sur TikTok, où il dispose de plus de 30 000 abonnés, ainsi que sur Instagram avec 160 000 suiveurs. Son avocat prétend que son client a simplement exprimé un avis dans le cadre du débat public concernant l’éligibilité de la boxeuse à concourir dans la catégorie féminine.
Le trentenaire originaire de Toulouse, vivant en Espagne selon les autorités, possède un passif judiciaire chargé. En 2021, il avait publié une vidéo simulant une exécution. En 2024, il a été condamné pour injures homophobes et incitation à la violence contre un maire qui a dû être placé sous protection policière.
L’avocat de la boxeuse a souligné que la justice doit rappeler que le numérique n’est pas sans loi. Le cyberharcèlement peut occasionner des préjudices graves aux victimes. Le comparant devra se présenter devant le tribunal correctionnel en février pour cyberharcèlement et injure discriminatoire.
La controverse trouve son origine dans l’exclusion de la boxeuse et d’une athlète taïwanaise des championnats mondiaux à New Delhi en 2023. La Fédération internationale de boxe prétendait qu’elle avait échoué à un test de genre, refusant cependant de préciser sa nature. Le Comité olympique international, lui, confirmait son éligibilité.
Lors des Jeux olympiques, après l’abandon de son adversaire italienne dès la première minute, la boxeuse a subi une vague de haine et de désinformation sur les réseaux. Des commentaires racistes la présentaient comme un homme combattant des femmes. Elle a remporté sa finale et réaffirmé son identité féminine.
Un second prévenu, Algérien de 31 ans, sera jugé le 26 février pour harcèlement et menaces de mort racistes visant une autre boxeuse marocaine. Cette dernière avait porté plainte en août 2024, accusée par des internautes d’avoir propagé les rumeurs concernant la boxeuse algérienne, subissant ainsi du harcèlement lui-même.
Les Jeux olympiques français ont été marqués par plusieurs affaires de cyberharcèlement ciblant une DJ française et le directeur artistique de la cérémonie d’ouverture. Plusieurs condamnations ont depuis été prononcées dans ces dossiers, montrant une volonté judiciaire de lutter contre ces agissements.



