
En Iran, des manifestations massives se déploient malgré les coupures d’Internet et téléphonique généralisées. Le jeudi 8 janvier en soirée, les protestataires demandent la fin du régime de l’ayatollah Ali Khamenei, qui gouverne depuis 1989. Les manifestants exigent la chute du guide suprême tandis que les autorités promettent une répression ferme.
Le guide suprême, âgé de 86 ans, a accusé les protestataires de sabotage et de vandalisme lors d’une allocation télévisée. Il a également critiqué Donald Trump, affirmant que le président américain porte la responsabilité du sang de mille Iraniens versé lors du conflit de juin. Selon lui, les manifestants détruisent leur propre pays pour satisfaire Washington.
L’ancien prince héritier Reza Pahlavi, dont la famille a quitté l’Iran après la révolution de 1979, a mobilisé les protestataires. Malgré l’isolation des communications, des vidéos montrent des Iraniens scandant des slogans contre le gouvernement. Les appels de Pahlavi auraient catalysé la mobilisation, d’où l’interruption d’Internet selon les observateurs.
Les autorités iraniennes attribuent les violences à des agents terroristes américains et israéliens. Elles signalent des décès sans détails. Selon l’agence Human Rights Activists News Agency, au moins 42 personnes ont péri et plus de 2 270 ont été arrêtées. Ces protestations, initialement liées au coût de la vie, deviennent les plus importantes depuis la mort de Mahsa Amini en 2022.
Holly Dagres, chercheuse à l’Institut de Washington pour la politique du Proche-Orient, estime que les appels de Pahlavi ont transformé les manifestations. L’interruption des communications vise à empêcher le monde de voir l’ampleur des mouvements. Lorsque 20 heures ont sonné jeudi, les habitants de Téhéran ont crié “Mort au dictateur” et “Mort à la République islamique”.
Reza Pahlavi déclare que les Iraniens ont réclamé leur liberté jeudi soir, avant que le régime ne coupe les communications. Il appelle les leaders européens à rejoindre Trump pour demander des comptes au gouvernement et rétablir les connexions. La télévision d’État affirme que des véhicules, motos, métros et bus ont été incendiés.
La monnaie iranienne s’est effondrée en décembre, atteignant 1,4 million rials pour un dollar, agravée par les sanctions et les conséquences du conflit de 12 jours. Donald Trump a précédemment averti que les États-Unis interviendraient si le régime tuait les manifestants pacifiques.
Trump refuse de confirmer une rencontre avec Reza Pahlavi, estimant qu’il faut laisser la situation se développer naturellement. Il suggère que le guide suprême envisage de quitter l’Iran, affirmant que “la situation devient très mauvaise” pour le régime.



