
La junte militaire de Guinée-Bissau a durci son contrôle de la parole publique six semaines après son arrivée au pouvoir. Les conférences de presse et déclarations non autorisées sont désormais interdites. Cette mesure vise à maintenir la paix et la cohésion sociale selon les autorités de transition.
Le haut commandement militaire justifie cette interdiction en invoquant des menaces spécifiques. Certains groupes et personnalités auraient organisé des réunions secrètes. Ces réunions auraient servi à inciter à la violence et à la désobéissance envers la charte de transition mise en place par le régime militaire.
Les violations de cet ordre public seront sévèrement punies selon la loi. Toute personne contestant l’autorité sera réprimandée. Cette politique de restriction s’inscrit dans le cadre juridique établi par la charte de transition publiée en début décembre.
Le coup d’État du 26 novembre 2025 a renversé le président Umaro Sissoco Embalo juste après l’élection présidentielle. Des observateurs et l’opposition soupçonnent que le président sortant aurait orchestré ce putsch pour interrompre le processus électoral qu’il perdait. Fernando Dias, candidat rival, affirme avoir remporté la présidentielle et accuse Embalo d’avoir organisé le putsch.
La Guinée-Bissau traverse une période d’instabilité politique chronique depuis son indépendance en 1974. Le pays a connu plusieurs coups d’État et une guerre civile. Le premier putsch survient en 1980, provoquant des purges violentes et la séparation avec le Cap-Vert. Cette succession de crises politiques marque profondément la trajectoire institutionnelle du pays.



