
Le Soudan franchit ce week-end le cap symbolique de mille jours de conflit, plongé dans une guerre sans issue politique apparente. La population subit violences extrêmes et déplacements massifs, confrontée à des conditions humanitaires catastrophiques. Famine, pénuries médicales et épidémies ravagent le pays tandis que l’aide internationale demeure insuffisante face aux obstacles d’accès.
L’Organisation des Nations unies avertit d’une dynamique conflictuelle de plus en plus instable et diffuse. Le conflit s’étend désormais à des dimensions régionales, complexifiant la situation. Le Soudan est devenu l’épicentre mondial de la souffrance humaine selon le secrétaire général de l’ONU, bien que la couverture médiatique internationale reste insuffisante et que les grandes puissances accordent peu d’attention à cette crise.
L’armée régulière soudanaise déclare poursuivre la guerre jusqu’à éradiquer les Forces de soutien rapide, milice paramilitaire qui contrôle le Darfour et des portions importantes du Kordofan. L’armée progresse actuellement au Kordofan, tandis que les initiatives diplomatiques successives échouent à rapprocher les belligérants. Le quartet composé des États-Unis, des Émirats arabes unis, de l’Égypte et de l’Arabie saoudite demeure inefficace et ne se réunit plus.
Plusieurs puissances étrangères alimentent le conflit en poursuivant des intérêts économiques. Les Émirats arabes unis apparaissent particulièrement impliqués auprès des Forces de soutien rapide selon les rapports onusiens. Des changements géostratégiques régionaux, notamment le différend public entre Riyad et Abou Dhabi, redistribuent les cartes diplomatiques. L’Égypte dispose d’une plus grande marge de manœuvre tandis que l’Arabie saoudite ajuste sa position.
Cette semaine, Le Caire a menacé pour la première fois d’invoquer son accord de défense commune avec Khartoum et de s’engager militairement aux côtés de l’armée soudanaise. L’Égypte renforce les messages adressés à ses alliés libyen et tchadien pour cesser l’acheminement d’armes et de pétrole aux paramilitaires.
Des pays voisins comme le Soudan du Sud, la Centrafrique, l’Éthiopie et la Somaliland participent au trafic de matériel militaire et de mercenaires vers les Forces de soutien rapide. L’armée soudanaise sécurise ses frontières terrestres, déployant ses forces à la limite est avec l’Éthiopie. Son aviation a frappé des convois d’armes originaires d’Abou Dhabi transitant par le territoire éthiopien.



