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L’armée iranienne exhorte la population à contrecarrer les complots étrangers lors des manifestations

Rob Laurens

Face à des manifestations massives provoquées par une crise économique grave, l’armée iranienne a annoncé samedi qu’elle défendrait les infrastructures stratégiques et a appelé les citoyens à contrer les « complots ennemis ». Cette déclaration intervient après des menaces proférées par Donald Trump contre les dirigeants de Téhéran et le soutien exprimé par le secrétaire d’État américain Marco Rubio au peuple iranien.

L’intensité de la répression s’accentue tandis qu’internet demeure coupé sur l’ensemble du territoire. Les autorités rapportent l’incendie d’un bâtiment municipal à Karaj, imputant ces actes à des « émeutiers ». La télévision d’État a diffusé des images de funérailles de militaires tués lors des affrontements dans plusieurs villes du pays comme Shiraz, Qom et Hamedan.

Des témoins dans l’ouest du pays décrivent des déploiements massifs des Gardiens de la révolution ouvrant le feu sur les protestataires. Ces forces armées qualifient la sécurité nationale et les acquis de 1979 de « lignes rouges » infranchissables. L’armée accuse Israël et des groupes terroristes de chercher à déstabiliser le pays et promet de protéger fermement les intérêts nationaux.

Le mouvement de protestation s’est généralisé dans la majeure partie de l’Iran durant les deux dernières semaines. Initialement motivées par l’inflation galopante, les manifestations ont pris une dimension politique contre le régime en place. Selon l’organisation HRANA, 65 personnes ont péri au 9 janvier, parmi lesquelles 50 manifestants et 15 militaires. Plus de 2 500 individus auraient été arrêtés.

Des professionnels de santé témoignent de l’afflux de manifestants grièvement blessés présentant des fractures et des traumatismes crâniens. Reza Pahlavi, fils du dernier shah, basé aux États-Unis en exil, exhorte à occuper les centres urbains et initier une grève générale dans les secteurs stratégiques. Donald Trump a mis en garde les dirigeants iraniens contre une répression brutale, promettant une riposte américaine.

L’ayatollah Khamenei rétorque en qualifiant les manifestants de « mercenaires » inféodés à Washington. Le régime iranien a historiquement contenu des mouvements de contestation majeurs, de celui des étudiants en 1999 aux mobilisations contre les difficultés économiques en 2019, en passant par le mouvement « Femme, vie, liberté » de 2022 suite au décès de Mahsa Amini.

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