
Des manifestants gravement blessés lors d’affrontements à Sainte-Soline en mars 2023 envisagent de relancer leurs poursuites judiciaires. Le parquet avait classé sans suite leurs plaintes en décembre après deux années et demie d’enquête. Cette décision intervient suite à des violences survenues lors d’une manifestation contre les réserves d’irrigation agricoles, événement qui avait vu des affrontements importants entre activistes et forces de l’ordre.
Deux victimes principales annoncent leur détermination à réintroduire plainte avec constitution de partie civile. Mickaël Boulay, qui avait sombré dans le coma pendant dix jours, et Serge Duteuil-Graziani, resté inconscient deux mois durant, symbolisent la gravité des blessures infligées. Lors d’une assemblée réunissant deux cents personnes à Poitiers, ces victimes ont confirmé leur volonté d’agir dans les huit jours suivants.
La décision du procureur reposait sur des justifications particulières concernant les tirs de grenades incriminés. Pour un premier tir, le parquet l’estimait conforme aux protocoles d’utilisation. Pour les trois autres, bien que jugés non conformes, l’institution judiciaire les considérait comme justifiés par le contexte ultraviolent de la manifestation. L’identification des auteurs demeurait cependant incertaine.
Des vidéos révélées par des médias ont changé la perspective du dossier. Ces enregistrements montraient des gendarmes s’encourageant mutuellement et se réjouissant des blessures causées aux manifestants. Jean-Pierre Duteuil, père de Serge, souligna que ces éléments nouveaux rendaient impossible la clôture définitive du dossier. Son fils souffre désormais de troubles visuels et auditifs persistants.
La stratégie des victimes diffère fondamentalement de la première démarche. Une plainte accompagnée de constitution de partie civile provoque automatiquement la nomination d’un juge d’instruction. Cette procédure représente un espoir face à des investigations jugées insuffisantes. Julien Le Guet, représentant du collectif d’opposition aux bassines, a lancé un appel national pour organiser le 25 mars prochain des manifestations devant gendarmeries, préfectures et ministères.



