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Crise en Iran : la Maison-Blanche évalue des mesures militaires contre Téhéran

Annabelle Chesnu

Donald Trump examine actuellement ses options militaires contre l’Iran, selon les informations du New York Times. Le président américain a déclaré vendredi que «l’Iran a de gros problèmes», avertissant le régime de Téhéran de ne pas engager les hostilités. Il faisait directement allusion aux protestations massives qui agitent le pays depuis le 28 décembre. Trump a précisé que toute répression brutale entraînerait une intervention américaine, sans nécessairement déployer de troupes au sol, mais en frappant «très, très fort, là où ça fait mal».

Ces avertissements interviennent après plusieurs opérations militaires américaines spectaculaires. Les États-Unis ont mené un raid au Venezuela pour appréhender Nicolas Maduro, accusé de trafic de drogue. La même semaine, Washington a intercepté un pétrolier battant pavillon russe en provenance d’Iran, malgré l’envoi d’un sous-marin russe pour le défendre. Ces actions démontrent une politique étrangère interventionniste accélérée.

Selon le Wall Street Journal, l’une des options militaires envisagées consisterait en une frappe aérienne massive contre plusieurs cibles militaires iraniennes. Toutefois, aucun consensus n’a émergé sur la stratégie à adopter, et aucun déploiement de matériel ou de personnel militaire n’a encore été effectué. Les sources médiatiques américaines considèrent cette planification comme normale et routinière, sans indiquer une attaque imminente.

Washington craint un effet de «ralliement national» autour du régime iranien en cas de frappes militaires. Un tel phénomène permettrait aux autorités iraniennes de renforcer leur répression envers les manifestants, justifiée par une menace extérieure. De plus, les installations militaires américaines au Moyen-Orient nécessitent du temps pour se préparer à une possible riposte iranienne.

Un précédent illustre les risques : en juin, après des bombardements israéliens massifs, les États-Unis ont déployé des bombardiers B-2 pour frapper des installations nucléaires iraniennes lors de l’opération Midnight Hammer. L’Iran avait alors riposté en envoyant des missiles contre une base américaine au Qatar et des sites irakiens.

Un obstacle majeur rend ces frappes compliquées : aucun groupe aéronaval n’est actuellement au Moyen-Orient. Le plus proche, centré sur l’USS Abraham Lincoln, croise en mer de Chine. Son redéploiement exigerait plusieurs jours, délai détectable par les services de renseignement. Or, un groupe aéronaval amplifie considérablement la puissance opérationnelle nécessaire au succès d’une telle mission.

Les menaces de Trump doivent néanmoins être prises sérieusement. En décembre, il a rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à Mar-a-Lago en Floride. Netanyahou l’a informé du réarmement du Hezbollah libanais, allié de l’Iran. Trump a ensuite approuvé publiquement des frappes israéliennes potentielles si le programme nucléaire iranien persistait. Israël s’est placé en état d’alerte maximale samedi.

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