
François Tissot, cosmochimiste à l’Institut de technologie de Californie, a interrompu ses recherches sur les météorites pour enquêter sur la pollution urbaine. Dans son laboratoire ultra-filtré du Caltech, il analyse désormais les poussières noires déposées par les incendies de Los Angeles du 7 janvier 2025.
Les mégafeux ont causé 31 décès et détruit 16 000 habitations dans la région. Le chercheur recherche des traces d’arsenic, de cadmium et de plomb dans les poussières urbaines. Ces métaux lourds, suspectés de s’être propagés via les fumées, contaminent également les maisons épargnées par les flammes.
Un problème majeur persiste : aucune réglementation n’encadre ces mega-incendies urbains. Les autorités étatiques et fédérales n’ont pas défini les critères d’habitabilité face aux pollutions post-incendie. Cette absence crée un vide juridique préoccupant pour les résidents affectés.
Tissot a commencé par collecter des échantillons de poussière sur les rebords de fenêtres et à l’intérieur de 100 bureaux du campus. Les analyses révèlent que les concentrations en métaux lourds dépassent les normes à dix kilomètres du sinistre. Ces découvertes établissent une contamination bien plus étendue que prévu.
Presque un an avant les incendies, Tissot avait organisé un séminaire en ligne sur les pollutions hydriques et aériennes avec d’autres experts. Deux mille participants se sont connectés et nombreux ont demandé des tests dans leurs domiciles. Cette demande massive révèle l’inquiétude croissante des résidents face aux risques sanitaires invisibles.



