
Le commissaire européen à la défense, Andrius Kubilius, ancien premier ministre lituanien, propose que l’Union européenne envisage sérieusement la création d’une force militaire permanente et autonome. Cette structure pourrait compter environ 100.000 soldats et servirait à renforcer la capacité de défense du continent face aux menaces régionales croissantes.
La question centrale concerne le remplacement des troupes américaines stationnées en Europe. Kubilius interroge la faisabilité de remplacer les 100.000 soldats américains qui constituent actuellement le socle des capacités militaires européennes. Ces propos ont été tenus lors d’une allocution prononcée en Suède et reflètent une préoccupation majeure des dirigeants européens.
Les tensions récentes autour des déclarations du président américain Donald Trump concernant ses ambitions territoriales alimentent les incertitudes quant à la fiabilité de l’engagement américain envers l’Europe. Ces inquiétudes poussent les pays européens à accélérer leurs efforts de réarmement et à renforcer leur autonomie stratégique face à la menace russe.
La création d’une armée européenne demeure un projet historiquement difficile à concrétiser. Les gouvernements nationaux se montrent réticents à abandonner le contrôle souverain de leurs forces armées. Toutefois, Washington encourage ses alliés à assumer davantage leur propre sécurité et envisage de redéployer ses effectifs vers des théâtres d’opérations orientés vers la Chine.
Kubilius propose parallèlement la création d’un conseil de sécurité européen réunissant les grandes puissances du continent. Cette instance compterait entre 10 et 12 membres, combinant des sièges permanents et tournants. Son objectif principal serait d’accélérer les processus décisionnels en matière de défense et d’élaborer une stratégie cohérente pour infléchir la dynamique du conflit en Ukraine.
Selon Kubilius, cette nouvelle architecture institutionnelle de défense permettrait à l’Union européenne de mieux coordonner ses réponses aux enjeux stratégiques urgents. Le Royaume-Uni figurerait parmi les candidats potentiels pour participer à ce conseil. L’urgence à instituer ces mécanismes de gouvernance européenne est justifiée par la nécessité d’éviter une défaite militaire de Kiev.



