
Le procès en appel de Marine Le Pen et du Rassemblement national débute le 12 janvier à Paris. L’enjeu majeur concerne son éligibilité à la présidentielle de 2027 et son avenir politique en général. L’audience se déroulera jusqu’au 11 février au palais de justice parisien, avec une décision attendue en été.
En mars 2025, la cour a condamné Marine Le Pen à quatre ans d’emprisonnement dont deux sous bracelet électronique, à cent mille euros d’amende et, surtout, à cinq ans d’inéligibilité immédiate. Cette dernière peine l’empêche actuellement de se présenter à la présidentielle ou à sa propre succession électorale dans le Pas-de-Calais.
Les juges ont reconnu sa culpabilité concernant un système de détournement de fonds européens entre 2004 et 2016. Des enveloppes destinées aux assistants parlementaires auraient financé le Front national et ses dirigeants. Le préjudice a été évalué à 3,2 millions d’euros, dont 1,1 million déjà remboursé.
Parmi les douze prévenus en appel figurent Louis Aliot, maire de Perpignan, Julien Odoul, député du RN, Nicolas Bay, eurodéputé, et Bruno Gollnisch. Douze autres accusés ont renoncé à faire appel malgré leur condamnation, dont la sœur de Marine Le Pen.
La stratégie défensive de Marine Le Pen pourrait s’articuler autour de sa non-intentionnalité plutôt qu’une dénégation totale. Assistée par ses avocats historiques et nouveaux, elle espère convaincre les magistrats de son innocence ou, à minima, obtenir une peine d’inéligibilité inférieure à deux ans.
Une condamnation réduite ou l’absence de bracelet électronique lui permettrait théoriquement de concourir en 2027. Cependant, son image s’est dégradée depuis mars 2025, et l’hypothèse d’une candidature de Jordan Bardella s’impose progressivement. Quarante-neuf pour cent des Français créditent Bardella de meilleures chances électorales.
Marine Le Pen a néanmoins affirmé son intention de briguer à nouveau l’Élysée si sa candidature devient possible. Elle a également reconnu que Jordan Bardella pourrait remporter l’élection à sa place en cas d’inéligibilité définitive.



