
La situation sécuritaire s’aggrave près d’Alep en Syrie. De nouveaux affrontements opposent l’armée gouvernementale aux forces kurdes depuis la nuit du 13 au 14 janvier. L’administration au pouvoir à Damas cherche à consolider son contrôle sur l’ensemble de la région nord du pays, notamment après avoir repris la grande ville quelques jours auparavant. Les autorités militaires syriennes ont exigé le retrait des combattants kurdes vers l’est de l’Euphrate.
Les combats se concentrent autour de villages situés à l’est d’Alep. Selon les déclarations militaires officielles, les FDS utilisent des mitrailleuses lourdes et des drones pour cibler les positions gouvernementales et les habitations civiles. De son côté, l’armée syrienne répond par des frappes aériennes et des bombardements. Les deux camps accusent l’autre d’avoir lancé l’offensive, chacun prétendant riposter à une provocation initiale.
Ces violences interviennent alors que des négociations entre le gouvernement islamiste et l’administration kurde autonome sont au point mort. Un accord du 10 mars 2025 visait à intégrer progressivement les institutions civiles et militaires kurdes au sein de l’État syrien. Les responsables kurdes dénoncent désormais une rupture de cet accord et accusent les autorités de préparer une attaque de grande envergure contre leur population.
Les protestations se multiplient dans les zones kurdes du nord-est. À Kamechliyé, des milliers de manifestants ont dénoncé les combats et brûlé des portraits du président Ahmed Al-Charaa. Les Kurdes reprochent au gouvernement de ne pas respecter ses engagements envers les diverses communautés syriennes. Ils pointent également les violences commises contre les minorités alaouites et druzes depuis l’arrivée au pouvoir de l’administration actuelle.
Le bilan humain des combats d’Alep reste lourd. Selon les organismes de surveillance des droits humains, au moins 105 personnes ont péri lors des affrontements, dont civils et combattants. Les quartiers kurdes de la ville portent les marques de la destruction, avec des secouristes continuant à récupérer des corps dans les décombres des bâtiments endommagés par les bombardements.



