
La junte birmane a rejeté mercredi les accusations portées devant la Cour internationale de justice, les qualifiant de « biaisées et sans fondement ». Son ministère des Affaires étrangères a exhorté l’institution à fonder sa décision sur des faits avérés et le droit établi, conformément à la Convention sur le génocide.
La Gambie, nation ouest-africaine à majorité musulmane, poursuit la Birmanie pour violations de la Convention des Nations unies sur le génocide datant de 1948. Les trois semaines d’audiences ont débuté lundi à La Haye, avec des témoignages détaillés concernant les événements de 2017.
En 2017, des centaines de milliers de Rohingya ont fui une répression sanglante menée par l’armée birmane et des milices bouddhistes. Les réfugiés ont trouvé asile au Bangladesh voisin. Des rapports documentent des meurtres, des violences sexuelles massives et des incendies criminels perpétrés contre cette population.
L’avocate gambienne Tafadzwa Pasipanodya a présenté des preuves accablantes d’atrocités dans un village du nord de l’État Rakhine. Elle a décrit des décapitations, des viols collectifs systématiques et le meurtre de nourrissons. Ces actes, affirme-t-elle, démontrent l’intention d’exterminer la population rohingya.
La Birmanie maintient que ses opérations militaires visaient à réprimer une insurrection rohingya suite à des attaques ayant tué environ douze membres des forces de sécurité. Aujourd’hui, 1,17 million de Rohingya survivent dans des camps surpeuplés s’étendant sur plus de 3 200 hectares à Cox’s Bazar.
Les avocats birmans présenteront leur défense vendredi devant la plus haute instance judiciaire des Nations unies. Une décision pourrait nécessiter plusieurs mois, voire années. Le tribunal possède une autorité morale mais aucun pouvoir coercitif direct pour faire appliquer ses jugements.



