
Les bornes de recharge pour véhicules électriques deviennent la nouvelle cible des voleurs de métaux précieux. Après s’être concentrés sur les infrastructures ferroviaires et téléphoniques, ces malfaiteurs étendent désormais leurs activités criminelles aux stations de recharge. Ce phénomène, observé récemment en Europe occidentale, connaît une progression inquiétante en France avec des incidents signalés dans plusieurs régions.
La Seine-et-Marne subit particulièrement les méfaits de ces vols. En novembre dernier, une centaine de câbles ont été sectionnés dans vingt-cinq emplacements différents. D’autres départements comme l’Ille-et-Vilaine connaissent également des incidents similaires depuis décembre. Les responsables des réseaux de recharge ont immédiatement engagé des poursuites judiciaires pour endiguer ce phénomène jugé émergent et préoccupant.
Les voleurs opèrent en majorité pendant les heures nocturnes, localisant les bornes via des applications mobiles. Ils ciblent exclusivement les stations rapides et ultrarapides, qui contiennent du cuivre en quantité. Chaque câble porte entre quatre et cinq kilogrammes de cuivre, matériau facilement revendable. Le gain personnel reste modeste, quelques dizaines d’euros, comparé aux dégâts causés.
Les opérateurs supportent des coûts de réparation substantiels. Les interventions de maintenance s’élèvent généralement à cinq mille euros par station. Certaines grandes installations de recharge dans le nord nécessitent des investissements atteignant cent vingt mille euros pour remplacer les câbles volés. L’impact financier menace la viabilité économique du secteur.
Les utilisateurs de voitures électriques souffrent également des perturbations causées par ces vols. Les délais de remplacement des câbles varient de plusieurs jours à un mois complet. Cette indisponibilité prolongée décourage les conducteurs de véhicules électriques et endomme l’image des opérateurs. Les revenus perdus lors de ces pannes aggravent la situation économique des gestionnaires.
Les professionnels du secteur recherchent activement des ripostes technologiques. Le renforcement des câbles avec du Kevlar, testé au Portugal, ralentit les voleurs mais augmente considérablement les coûts. Des marqueurs chimiques appliqués sur le cuivre ont été expérimentés au Royaume-Uni sans succès concluant. Des systèmes d’alarme connectés et de géolocalisation par balise sont actuellement en développement pour protéger les installations.
Les experts avertissent que sans intervention rapide, ces vols risquent de fragiliser le déploiement des infrastructures de mobilité électrique. Les opérateurs pourraient abandonner certains territoires si les incidents deviennent trop fréquents, compromettant ainsi l’expansion du réseau national de recharge.



