
L’Assemblée nationale a repoussé mercredi deux motions de censure présentées par La France insoumise et le Rassemblement national. Ces initiatives visaient à contester l’accord commercial que l’Union européenne s’apprêtait à conclure avec le Mercosur et à critiquer la position du gouvernement français sur cette question.
La motion de LFI n’a recueilli que 256 voix, loin des 288 nécessaires pour renverser l’exécutif. Celle du RN a obtenu seulement 142 suffrages. Ni la droite ni le Parti socialiste n’ont soutenu ces démarches. Les deux textes étaient donc vouées à l’échec dès le départ, faute d’une majorité suffisante à l’hémicycle.
Le vote intervient après de nouvelles déclarations du premier ministre visant à apaiser la colère des agriculteurs. Des manifestations se sont poursuivies en province, notamment à Toulouse. Le secteur agricole proteste fermement contre cet accord commercial. Le gouvernement a tenté de répondre aux préoccupations par des annonces supplémentaires.
Bien que la France ait voté contre la signature du traité, l’opposition de gauche et d’extrême droite dénonce une résistance purement symbolique et inefficace. Le premier ministre a critiqué ceux qui tentent de déstabiliser l’exécutif au lieu de faire face aux défis internationaux. Ces accusations révèlent les tensions au sein de la majorité parlementaire.
Le Parti socialiste et Les Républicains ont refusé de participer aux censures. Olivier Faure considère aberrant de censurer le gouvernement alors que le président Macron s’oppose aussi à l’accord. Bruno Retailleau estime que le débat se jouera désormais au Parlement européen, pas en France.
LFI accuse le président d’avoir laissé une porte ouverte à la capitulation face à Bruxelles. Les tentatives d’obtenir des contreparties sont présentées comme des artifices. Mathilde Panot dénonce un gouvernement minoritaire poursuivant une politique rejetée par la population.
Le RN reproche à l’exécutif de ne pas avoir utilisé tous les outils de négociation disponibles. L’extrême droite juge anormal que la France, second contributeur net au budget de l’UE, subisse un accord aussi défavorable. La motion défend les intérêts agricoles français et critique l’inefficacité gouvernementale.
Les communistes et élus ultramarins ont annoncé leur soutien à la censure de LFI. Les écologistes, qualifiant le refus présidentiel de purement cosmétique, appellent à saisir la Cour de justice européenne pour contester l’application provisoire du traité. Ces groupes dénoncent une opposition insuffisante aux accords commerciaux.



