
Lors de son discours sur l’état de la nation en juin 2025, le président ougandais Yoweri Museveni a cité l’Évangile selon saint Matthieu. Il a raconté l’histoire de deux bâtisseurs : l’un construisant sa demeure sur le roc, l’autre sur le sable. Museveni a souligné que seule la première maison résista aux tempêtes, inondations et vents violents, grâce à des fondations solides. Cette parabole biblique semblait être une allusion voilée à sa propre gestion du pouvoir depuis 1986.
Le dirigeant ougandais, âgé de 81 ans selon les chiffres officiels, figure à nouveau sur le bulletin de vote. Le Mouvement de résistance nationale, son parti politique, l’a désigné comme candidat pour l’élection présidentielle du 15 janvier 2026. Cet ancien combattant rebelle d’orientation marxiste aspire à un septième mandat consécutif après quarante années au pouvoir.
Au cours des quatre dernières décennies, le règne de Museveni s’est caractérisé par une concentration croissante du pouvoir. Les observateurs notent une personnalisation accrue du gouvernement, l’apparition de pratiques népotistes et un affaiblissement progressif des institutions démocratiques. L’opposition politique se trouve largement réduite au silence.
Les jours précédant le scrutin ont été marqués par des mesures restrictives. L’accès à Internet a été interrompu deux jours avant le vote. Parallèlement, les organisations humanitaires ont signalé une aggravation de la répression politique au cours des semaines précédentes, documentant des détentions arbitraires systématiques et des actes de violence perpétrés par les forces de sécurité gouvernementales.
Le scrutin prévu combine trois niveaux électoraux : les élections présidentielles, législatives et locales se déroulent simultanément. Cet événement électoral revêt une importance majeure pour l’avenir politique de l’Ouganda et la continuité du gouvernement Museveni.



