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Les présidents sud-coréens redoutent la Maison Bleue et ses supposées malédictions historiques

Aliou Sembène

Le président sud-coréen Lee Jae-myung, homme politique de tendance démocrate, a choisi de réoccuper au début de cette année un édifice délibérément évité par ses prédécesseurs. La Maison Bleue porte une réputation néfaste auprès des dirigeants successifs. Cet édifice a servi de résidence officielle aux chefs d’État jusqu’en 2022, moment où il a été abandonné. Le geste symbolise un retour vers une certaine stabilité politique après les bouleversements provoqués par la tentative échouée de décembre 2024.

Avant de devenir la résidence présidentielle, le terrain accueillait un jardin appartenant au palais royal Gyeongbokgung durant la période Joseon. Les autorités coloniales japonaises ont d’abord transformé l’espace en parc public, avant d’ériger en 1939 la demeure du gouverneur général. Après 1945, le bâtiment a successivement hébergé le commandant militaire américain en charge de la Corée, puis le premier président de la Corée du Sud indépendante dès 1948.

Le séjour de Kim Il-sung marque profondément l’imaginaire collectif. Entre 1950 et 1953, lors de la guerre péninsulaire, le leader nord-coréen a occupé les lieux à plusieurs reprises quand ses troupes ont pris Séoul. Cette présence historique pèse lourdement dans la conscience des dirigeants sud-coréens successifs.

À partir des années 1990, le président Roh Tae-woo juge inadmissible de gouverner depuis une construction héritée du joug colonial japonais. Il lance la construction d’un nouveau palais sur le même emplacement. L’édifice se distingue par ses 150 000 tuiles coréennes bleues, donnant ainsi son nom populaire à la résidence officielle moderne.

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