
Un rapport d’inspection judiciaire doit être rendu public concernant les circonstances qui ont entouré l’affaire Pelicot. Cette enquête vise à clarifier pourquoi les autorités n’ont pas exploité l’ADN identifié en 2010, malgré son enregistrement dans le fichier national des empreintes génétiques.
En 2010, Dominique Pelicot a été interpellé dans un centre commercial en région parisienne. Son profil génétique a alors été prélevé et intégré au fichier. Quelques mois après, une correspondance remarquable s’est établie avec un ADN découvert sur une scène de crime remontant à 1999, lié à une tentative de viol en Seine-et-Marne.
Cette information cruciale a été transmise au parquet de Meaux chargé de l’enquête initiale. Cependant, cette piste a mystérieusement demeuré inexploitée, révélant une défaillance majeure du système judiciaire. Une telle omission aurait potentiellement permis d’arrêter l’intéressé bien avant les événements ultérieurs.
Cette carence administrative a des conséquences gravissimes. Le calvaire de Gisèle Pelicot aurait pu être évité : neuf années de viols orchestrés par son mari et environ cinquante hommes, tous désormais condamnés. L’avocat représentant les victimes souligne que l’absence d’action en 2010 signifiait que le dossier de 1999 ne serait pas prescrit.
Le ministre de la Justice a ordonné une inspection générale pour comprendre cette défaillance. Lancée en mai précédent, cette enquête interne devait être finalisée avant l’été, mais les résultats restaient inaccessibles au public en début d’année suivante, suscitant frustration et interrogations chez les parties civiles.
L’avocate des victimes a adressé une correspondance officielle exprimant son mécontentement face au silence prolongé. Elle dénonce le contraste flagrant : lorsque la presse interpelle le ministre, des réponses arrivent immédiatement, alors que les représentants des victimes demeurent sans suite même rudimentaire.
Suite à une intervention médiatique du ministre, la publication du rapport a été annoncée pour le lundi suivant. Cette décision intervient après mois d’attente et met en lumière des questions persistantes sur la gestion administrative des dossiers judiciaires et l’efficacité des procédures d’exploitation des données génétiques.



