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En Iran, le régime adopte une répression sans précédent face aux mouvements de contestation populaire

Hamza Chouraqui

Le régime iranien a surpris en assouplissant sa politique sur le port obligatoire du hijab après le conflit de juin 2025 contre Israël et les États-Unis, retirant sa police des mœurs des rues. Ce symbole constituait pourtant un pilier central du système idéologique. Cependant, ce relâchement apparent a cédé la place à une répression d’une brutalité sans précédent. Selon l’ONG HRANA, au moins 2 677 personnes ont été tuées, avec 1 693 cas encore en cours d’examen, dépassant largement les bilans des précédentes vagues de contestation en Iran.

Le mouvement de protestation s’est cristallisé le 28 décembre 2025 au grand bazar de Téhéran. Les commerçants et agents de change, furieux de la dégringolade de la monnaie nationale, ont déclenché une grève générale. Ils ont appelé leurs confrères du pays à les rejoindre dans cette action. Cette mobilisation initiale s’est rapidement étendue à d’autres secteurs économiques cruciaux.

Les travailleurs des transports ont rejoint le mouvement, suivis des étudiants. Les couches sociales paupérisées se mobilisaient cette fois-ci, deux ans après le soulèvement Femme, Vie, Liberté déclenché par la mort de Mahsa Amini. Son arrestation par la police des mœurs pour une apparence jugée insuffisamment islamique avait provoqué une contestation massive. Le nouveau cycle protestataire démontrait que les griefs économiques transcendaient les clivages sociaux.

Le mouvement s’est propagé dans tout le territoire national, unifiant des revendications distinctes. Les autorités se trouvaient confrontées à une contestation d’ampleur inégalée, embrassant à la fois les préoccupations politiques et économiques. Cette convergence expliquait partiellement l’intensité de la réaction gouvernementale face aux manifestations.

Le passage brutal d’une relative tolérance à une répression extrême soulève des questions fondamentales sur les stratégies du régime. Le durcissement révélait une vulnérabilité face à la mobilisation populaire de masse, particulièrement lorsque celle-ci intégrait des dimensions économiques existentielles affectant les populations défavorisées.

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