
Les dernières déclarations du président américain et de ses conseillers concernant le Groenland suscitent une vive inquiétude au Congrès. L’ambition de contrôler ce territoire ne fait pas l’unanimité, notamment après l’intervention militaire au Venezuela. Cette position s’éloigne de la diplomatie traditionnelle.
De nombreux élus, tant démocrates que républicains, estiment que l’OTAN représente une alliance fondamentale pour la politique étrangère américaine. Selon eux, les États-Unis ne peuvent pas défier un allié aussi proche que le Danemark. Cette position bipartisane révèle une préoccupation majeure.
Thom Tillis, sénateur républicain de Caroline du Nord, a exprimé publiquement son désaccord au Sénat le 16 janvier. Il qualifie le projet de « complètement absurde » et rappelle que les Groenlandais ont traditionnellement soutenu les États-Unis. Il souligne qu’il n’est pas nécessaire de remettre en cause une alliance vieille de 75 ans pour projeter les forces militaires américaines dans la région.
Des sénateurs des deux partis se mobilisent concrètement. Lisa Murkowski et Jeanne Shaheen ont rédigé un texte interdisant l’utilisation des ressources du ministère de la Défense pour occuper ou annexer le Groenland. Mitch McConnell, figure respectée dirigeant la commission du budget du Pentagone, s’oppose également à toute action menaçant l’OTAN. Une délégation bipartisane doit se rendre au Danemark pour rassurer le gouvernement.
L’opinion publique américaine suit cette même ligne. Trois Américains sur quatre s’opposent au projet de contrôle du Groenland. Un sondage Reuters/Ipsos confirme ces chiffres, avec seulement 4% des Américains favorables à un recours à la force pour s’emparer de ce territoire autonome danois.



