FranceJustice

Le tribunal correctionnel de Paris prononcera son jugement dans l’affaire Mahdieh Esfandiari le vingt-six février prochain

Esteban Ortega

Le tribunal correctionnel de Paris rendra son jugement le 26 février dans l’affaire concernant Mahdieh Esfandiari, ressortissante iranienne jugée pour apologie du terrorisme et provocation en ligne. Le parquet a requis un an de prison ferme contre elle. Quatre autres hommes comparaissaient également aux côtés de la prévenue dans cette affaire largement médiatisée.

Après quatre jours d’audiences marquées par plusieurs incidents, le tribunal a mis en délibéré sa décision. Mahdieh Esfandiari pourrait constituer une monnaie d’échange entre la France et l’Iran, notamment en contrepartie de la libération de deux ressortissants français emprisonnés à Téhéran. L’ambassadeur d’Iran en France a déclaré que le souhait des autorités iraniennes était leur retour rapide une fois la procédure judiciaire finalisée.

La prévenue de 39 ans a comparu pour plusieurs chefs d’accusation incluant provocation directe à un acte de terrorisme, injure publique en ligne fondée sur l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion, et association de malfaiteurs. Dans ses dernières déclarations, elle a exprimé son malaise face à des décisions prises sans son consentement.

Les autorités accusent Mahdieh Esfandiari d’avoir alimenté en contenu les comptes de l’organisation Axe de la Résistance entre 2023 et 2024 sur plusieurs plateformes numériques. Ces comptes auraient notamment diffusé des apologies de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et incité à des actes terroristes. Le ministère de l’Intérieur a adressé un signalement à la justice suite à ces découvertes.

La prévenue a reconnu être à l’origine de la chaîne mais a contesté être l’autrice des publications incriminées. La procureure a souligné que ce dossier relève davantage d’une ingérence iranienne que de questions palestiniennes, insistant sur le contexte géopolitique. Elle a précisé que cela ne criminalisait pas le soutien à la cause palestinienne, sujet d’intérêt général légitime.

Contre les quatre autres prévenus, le ministère public a demandé jusqu’à trois ans de prison ferme, la peine maximale visant Alain Soral, absent à l’audience. Une amande de 30 000 euros et un mandat d’arrêt ont également été requis contre celui présentant 30 mentions au casier judiciaire.

La défense a dénoncé une présentation tendancieuse de la prévenue, la qualifiant de militante sincèrement engagée plutôt que d’agent du régime. Ses avocats ont mis en avant la légitimité de son analyse politique du 7 octobre 2023 comme sujet d’intérêt général, interrogeant l’état actuel de la liberté d’expression en démocratie.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer