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Les violations commises par les officiers camerounais lors du massacre de Ngarbuh restent largement impunies malgré le jugement rendu

Aliou Sembène

Au Cameroun, la cour militaire a rendu un verdict concernant quatre militaires reconnus coupables d’assassinat dans le massacre de Ngarbuh. Cet incident s’est déroulé en février 2020 dans le Nord-Ouest du pays, région déchirée par un conflit entre séparatistes et forces gouvernementales. Une vingtaine de civils ont péri, incluant approximativement dix enfants.

Initialement, l’armée a nié les faits, puis les a qualifiés d’accident regrettable. Face à la pression internationale, le président Paul Biya a ordonné une enquête approfondie. Les conclusions ont établi la responsabilité de trois militaires qualifiés d’incontrôlés et insubordonnés, agissant conjointement avec un groupe de miliciens.

Illaria Allegrozi, analyste principale au Sahel pour Human Rights Watch, considère ce jugement comme une avancée significative contre l’impunité. Le tribunal s’est prononcé sur la culpabilité des quatre accusés, marquant une étape importante dans l’établissement de la vérité et la reconnaissance des responsabilités.

Cependant, la chercheuse déplore une lacune majeure : aucun officier supérieur n’a été poursuivi. Elle souligne que les autorités camerounaises ont manqué une occasion de démontrer que nul n’échappe à la loi. Le gouvernement aurait pu prouver à sa population et à la communauté internationale que les hauts gradés peuvent être tenus responsables.

Allegrozi souligne également que les dix-sept miliciens impliqués restent en liberté, bien qu’inculpés de meurtre. Cette situation révèle des failles persistantes dans le système judiciaire camerounais. L’absence de poursuites contre les officiers de haut rang constitue, selon elle, la défaillance la plus grave du processus.

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