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À Minneapolis, Donald Trump écarte provisoirement le recours à l’Insurrection Act pour un déploiement militaire

Romain Mazzotti

Donald Trump a déclaré vendredi qu’il n’envisageait pas actuellement de recourir à l’Insurrection Act pour déployer les forces armées à Minneapolis. Jeudi, il avait menacé d’invoquer ce texte législatif face aux tensions entre manifestants et forces de l’ordre. Le président a précisé : « Si j’en avais besoin, je l’utiliserais », mais estimant que les circonstances ne le justifiaient pas pour le moment.

Minneapolis connaît une période d’agitation depuis le décès d’une femme tuée par un agent du service de l’immigration (ICE) la semaine précédente. Mercredi, un ressortissant vénézuélien a été blessé lors d’une intervention policière. Cet incident a provoqué une manifestation impliquant plusieurs centaines de personnes qui ont affronté les forces de l’ordre pendant plusieurs heures. Des pétards ont été lancés vers les policiers, qui ont répliqué avec du gaz lacrymogène.

Une magistrate fédérale a imposé vendredi des restrictions substantielles à l’action de la police de l’immigration dans cet État. La juge Kate Menendez a ordonné aux agents de ne pas arrêter les manifestants stationnés pacifiquement et d’éviter l’utilisation de gaz lacrymogènes contre les protestataires non violents. La décision clarifie également que suivre les agents « à distance raisonnable » ne constitue pas un motif d’interpellation valide.

Les autorités démocrates du Minnesota accusent l’administration fédérale de provquer le chaos par ses opérations intensifiées. Le gouverneur Tim Walz a demandé au président de « faire baisser la tension » et d’abandonner sa campagne de représailles. Les responsables municipaux ont exhorté les habitants à rester calmes tout en demandant le départ immédiat de l’ICE. Le maire Jacob Frey a décrit une force fédérale cinq fois supérieure à la police locale qui « envahit » la ville.

Stephen Miller, proche conseiller présidentiel, a accusé les élus démocrates d’« inciter délibérément à une insurrection violente » contre les policiers fédéraux. La porte-parole de la Maison Blanche a critiqué la « rhétorique méprisable » de l’opposition. La ministre de la sécurité intérieure Kristi Noem a affirmé que les opérations se poursuivraient. Plusieurs centaines d’agents fédéraux supplémentaires ont rejoint l’État, s’ajoutant aux deux mille déjà présents.

Une enquête judiciaire a été lancée mercredi contre l’administration fédérale par la section locale de l’ACLU, reprochant aux agents de l’ICE d’avoir violé les droits humains fondamentaux, ciblant particulièrement les communautés somaliennes et latino-américaines. Les sondages publiés jeudi révèlent qu’une majorité d’Américains jugent injustifiée la mort de Renee Good, la victime de l’ICE. Ces mêmes enquêtes montrent un désaccord général avec les justifications avancées par l’administration Trump.

En 1992, le dernier recours à l’Insurrection Act a été autorisé par le président George Bush père face aux émeutes de Los Angeles provoquées par l’acquittement des policiers ayant agressé Rodney King. Trump a évoqué ce texte à plusieurs reprises ces derniers mois comme outil possible de gouvernance.

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