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L’armée ougandaise réfute les accusations d’enlèvement du candidat de l’opposition Bobi Wine lors des élections

Hamza Chouraqui

L’armée ougandaise a rejeté samedi les allégations selon lesquelles elle aurait transporté de force le chef de l’opposition Bobi Wine par hélicoptère. Le porte-parole militaire Chris Magezi a déclaré que les rumeurs d’arrestation sont infondées et destinées à inciter à la violence. Cette dénégation intervient alors que les résultats électoraux définitifs approchent.

Le parti d’opposition, la Plateforme d’unité nationale, avait rapporté vendredi soir que un hélicoptère militaire avait atterri à la résidence de Bobi Wine et l’avait emmené vers une destination inconnue. Selon le parti, les gardes du corps ont subi des agressions violentes lors de cet incident. Les autorités policières affirment néanmoins que l’opposant se trouve chez lui.

Des renforts de sécurité ont été déployés autour du domicile de Bobi Wine, que les autorités considèrent comme une zone d’intérêt sécuritaire. Les coupures de communication persistent, empêchant de joindre les membres du parti d’opposition. Un résident local rapporte avoir entendu un drone et un hélicoptère la nuit précédente, observant une forte présence policière dans le quartier.

Le bilan des violences fait débat entre les acteurs. Un député de l’opposition déclare que dix partisans ont été tués à Butambala, tandis que le secrétaire général du parti mentionne plus de vingt morts et cinquante blessés. Les forces de sécurité ougandaises affirment que sept personnes ont péri après avoir attaqué un centre de dépouillement.

Après le dépouillement de près de quatre-vingt-un pour cent des bureaux de vote, Yoweri Museveni bénéficie d’une avance confortable avec soixante-treize virgule sept pour cent des suffrages, contre vingt-deux virgule sept pour cent pour son principal adversaire. Les résultats finaux sont attendus samedi seize heures.

Bobi Wine, âgé de quarante-trois ans, s’est imposé comme le rival majeur du président au pouvoir depuis quarante ans. Surnommé le président du ghetto, cet ancien musicien représente les quartiers défavorisés de Kampala. Il a été assigné à résidence jeudi soir selon son parti et avait déjà connu emprisonnement et torture lors des précédentes élections.

La campagne électorale s’est déroulée dans un climat répressif, avec au moins quatre cents arrestations de partisans de l’opposition selon Amnesty International. Bobi Wine accuse le gouvernement de fraude électorale massive. Internet demeure coupé depuis avant le scrutin, compliquant l’accès à l’information.

Kizza Besigye, autre figure majeure de l’opposition candidat à quatre reprises, a été enlevé au Kenya en 2024 et ramené en Ouganda où il reste incarcéré. Les observateurs considèrent l’élection comme une formalité pour Museveni, qui dispose d’un contrôle total des appareils électoraux et sécuritaires du pays.

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