
Vendredi matin, des civils franchissent péniblement un pont endommagé pour fuir Deir Hafer et ses environs. Hommes, femmes et enfants s’engagent fébriles sur cette traversée précaire. Des jeunes hommes les aident en portant leurs affaires tandis que la protection civile évacue les personnes âgées sur des brancards. Ces habitants proviennent des villages situés à cinquante kilomètres à l’est d’Alep, dans le nord syrien, désormais déclarés zone militaire fermée par les autorités gouvernementales.
Les autorités syriennes ont établi jeudi un corridor humanitaire pour permettre aux populations de quitter les zones contrôlées par les Forces démocratiques syriennes. Cette région à l’ouest de l’Euphrate a été conquise par les FDS lors de la chute du régime en décembre. Les civils témoignent de difficultés lors de leur fuite. Un habitant raconte avoir été arrêté aux barrages des FDS la veille, puis avoir emprunté une route secondaire le matin même, de crainte des mines et des tireurs embusqués.
Les témoignages évoquent également des prélèvements d’argent aux chauffeurs de minibus par les combattants. Plus de treize mille civils ont déjà quitté les zones contrôlées par les FDS avant le début des opérations militaires. Les FDS nient utiliser la population comme boucliers humains, contredisant les accusations du gouvernement damascène sur leur gestion des évacuations.
Les autorités syriennes ont massé plus de vingt-cinq mille soldats en première ligne selon des sources informées. Vendredi en fin d’après-midi, le bombardement de l’artillerie contre les positions des FDS commence. Cette offensive vise à reprendre le contrôle territorial perdu après le changement politique récent dans le pays.
L’intensité des tirs d’artillerie s’avère cependant brève. Les opérations militaires marquent une tentative de reprise de cette région stratégique par le nouvel État syrien, reflétant les tensions persistantes entre les autorités gouvernementales et les forces armées kurdes dans le nord du pays.



