
Le 17 janvier à Asuncion, l’Union européenne et le Mercosur ont finalisé un accord commercial majeur. Malgré l’opposition de la France, de la Pologne et d’autres nations européennes, le traité a été signé. Cette alliance réunit deux blocs dépassant 700 millions de consommateurs et représentant 30 % du produit intérieur brut mondial.
Lors de la cérémonie, Ursula von der Leyen a plaidé pour un commerce équitable plutôt que des tarifs douaniers. Santiago Peña, président du Paraguay tenant la présidence tournante du Mercosur, a qualifié l’accord de signal positif envers le commerce international face aux tensions actuelles. Le texte supprime les droits de douane sur plus de 90 % des échanges entre les deux blocs.
L’accord favorise fortement les exportations européennes d’automobiles, de machines, de produits chimiques, de vins et de spiritueux. En échange, le marché européen s’ouvre à la viande, au sucre, au riz, au miel et au soja sud-américains. Les agriculteurs européens craignent la concurrence des produits bon marché en provenance du Brésil et d’Argentine.
Les secteurs gagnants français incluent le vin et les spiritueux, dont les tarifs de 27 % seront éliminés. Le fromage et les produits laitiers bénéficieront de réductions progressives de droits. Les grands groupes comme Lactalis et Danone pourront s’approvisionner directement en lait sud-américain. Le luxe gagne aussi, notamment LVMH avec la baisse des tarifs sur les grands crus et l’habillement.
L’industrie européenne verra ses équipements électriques, sa pétrochimie et ses automobiles trouver de nouveaux marchés. La Commission européenne espère également bénéficier dans les télécommunications et les transports maritimes. Actuellement, les échanges entre les deux blocs représentent environ 60 milliards de dollars de chaque côté.
Le Parlement européen doit examiner le traité, avec un vote prévu au printemps. Mercredi 21 janvier, les eurodéputés se prononcent sur un éventuel appel à la Cour de justice européenne. Environ 150 parlementaires questionnent la conformité de l’accord aux traités européens. Une décision judiciaire pourrait retarder le vote de plusieurs mois.
Les agriculteurs européens opposés organisent une manifestation le 20 février devant le Parlement européen à Strasbourg. Du côté du Mercosur, la ratification parlementaire devrait progresser plus aisément. Les gouvernements membres bénéficient généralement d’un soutien parlementaire suffisant pour valider l’accord commercial.



