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Guatemala : après la mort de huit agents lors de violences carcérales, l’état de siège instauré

Baptiste Lacomme

Le Guatemala s’apprête à vivre une période de contrôle renforcé après des soulèvements violents survenus simultanément dans plusieurs établissements pénitentiaires. Ces mouvements de révolte, orchestrés par des organisations criminelles, ont entraîné la mort de huit membres des forces de l’ordre et la prise en otage de nombreux gardiens de prison.

Le chef de l’État a annoncé dimanche son intention d’imposer un régime d’exception sur l’ensemble du territoire pendant trente jours. Cette proclamation d’état de siège restreint les libertés constitutionnelles, notamment le droit de rassemblement et de manifestation. Elle permet également aux autorités d’effectuer des arrestations et des interrogatoires sans intervention judiciaire préalable.

L’approbation de cette mesure dépend du vote parlementaire, où l’opposition détient la majorité. Cependant, le président de l’assemblée législative a appelé à la solidarité nationale face à cette période critique. Les trois jours de deuil officiel ont été déclarés en hommage aux policiers morts au cours de ces opérations.

Les insurrections carcérales résultaient du transfert de chefs de bandes vers un pénitencier disposant de mesures sécuritaires accrues. Les autorités avaient refusé de revenir sur cette décision. Les forces gouvernementales ont repris le contrôle total des trois établissements, libérant quarante-cinq gardiens de prison et un professionnel de santé mentale retenus captifs depuis samedi.

Les bandes criminelles Barrio 18 et Mara Salvatrucha dominent plusieurs régions du pays d’Amérique centrale. Elles contrôlent des territoires par l’intimidation et la violence, extorquant commerçants et citoyens ordinaires. Leurs activités englobent les homicides, l’extorsion et le négoce illégal de stupéfiants.

Les statistiques révèlent une situation sanitaire critique : le taux d’homicides atteint 16,1 décès pour 100 000 habitants annuellement. Ce chiffre dépasse largement les moyennes internationales, reflétant l’ampleur de la crise sécuritaire. Depuis le milieu de 2025, les organisations criminelles ont multiplié les tentatives de révolte pénitentiaire pour obtenir des conditions de détention plus favorables à leurs dirigeants.

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