InternationalJustice

États-Unis : pourquoi Donald Trump veut-il rétablir la peine de mort, « abolie de fait » depuis 1992 à Washington ?

Rob Laurens

Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré que chaque affaire de meurtre survenant à Washington devrait entraîner la peine de mort. Cette sortie intervient peu après que les autorités américaines ont déployé la Garde nationale dans la capitale, une mesure prise pour lutter contre la criminalité, alors même que les chiffres de la police indiquent une baisse du nombre d’infractions.

Plus de 2 200 membres de la Garde nationale ont été mobilisés afin d’assurer la sécurité, sur fond d’inquiétudes relayées par la présidence quant à la présence de réseaux criminels dans la ville. Selon Donald Trump, la capitale serait « envahie par les gangs », ce qui justifierait une réponse ferme et immédiate de la part du gouvernement fédéral.

S’adressant à la presse lors d’une réunion à la Maison blanche, Donald Trump a insisté : « Quiconque commet un meurtre dans la capitale est passible de la peine capitale… Si quelqu’un tue dans la capitale, Washington, DC, nous allons demander la peine de mort ». Il a affirmé vouloir une politique plus stricte pour dissuader la criminalité dans la ville.

Il est important de noter que la peine de mort n’est plus en vigueur à Washington, D.C. depuis plusieurs décennies. Le conseil municipal avait voté en faveur de son abolition il y a des années, tandis qu’aucune exécution n’a eu lieu depuis les années 1950. En 1992, les habitants de la ville avaient également rejeté la peine capitale lors d’un vote.

Dans ce contexte, Donald Trump a mis en avant ses efforts pour réduire la criminalité dans la capitale, et s’est dit prêt à appliquer ce type de mesures dans d’autres grandes métropoles du pays. Il a souligné que la restauration de l’ordre constituait une priorité majeure de son administration.

Jeanine Pirro, procureure des États-Unis pour le district de Columbia, a précisé que la décision finale concernant l’application de la peine de mort dépendrait du procureur général. « Nous suivrons scrupuleusement les directives du président, et la décision finale appartient au procureur général », a-t-elle déclaré à un journal américain.

Une procédure visant à requérir la peine capitale a déjà été lancée contre le suspect de la fusillade du musée juif de Washington, survenue le 21 mai 2025, dans laquelle deux personnes ont perdu la vie. Jeanine Pirro a expliqué que « il appartiendrait en fin de compte aux jurys de décider si une personne doit être mise à mort ».

La procureure a ajouté : « Je pense que ce que le public voit, c’est que Washington a été beaucoup trop violent, l’une des villes les plus violentes, malheureusement, du pays, et il est temps que nous reconnaissions que la loi et l’ordre sont de retour à Washington, et que nous utiliserons toutes les sanctions et peines légales comme le prévoit la loi ».

Pour l’instant, le débat sur la réintroduction de la peine de mort dans la capitale américaine reste ouvert, alors que la Maison blanche affiche sa volonté de renforcer les sanctions à l’encontre des crimes graves. Les prochaines décisions pourraient marquer un tournant dans la politique pénale de Washington, D.C.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer