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L’administration Trump a fait reculer les droits et libertés aux États-Unis, selon les observateurs

Rob Laurens

Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, Donald Trump a progressivement restreint les libertés fondamentales aux États-Unis. Son administration a durci la répression contre les mouvements de contestation, intensifié les expulsions d’immigrants et affaibli les protections des droits reproductifs. Les personnes LGBTQ+ font face à des reculs rapides et ciblés. La presse subit une intimidation constante par des poursuites judiciaires et des restrictions d’accès.

Le droit de manifester s’est considérablement resserré. Des étudiants étrangers ont été arrêtés des mois après leur participation à des manifestations propalestiniennes sur les campus. L’arrestation en mars 2025 de Mahmoud Khalil, figure de la mobilisation propalestinienne à Columbia, a provoqué une onde de choc nationale. L’administration a qualifié les militants de « soutiens du Hamas » pour justifier les détentions.

Le président a ordonné le déploiement de marines et de la Garde nationale dans plusieurs villes américaines, officiellement pour lutter contre la criminalité. Les menaces d’invoquer l’Insurrection Act se multiplient, permettant le déploiement de troupes pour réprimer les troubles civils. Minneapolis connaît des manifestations suite à la mort de Renee Good, abattue par un agent de l’ICE.

Le nombre de personnes détenues par l’ICE a augmenté de près de 75 % en 2025, atteignant un record de 66 000 détenus début décembre contre 40 000 en début d’année. Les expulsions se sont accélérées dramatiquement, avec plus de 600 000 personnes expulsées selon le ministère de la Sécurité intérieure. Des raids musclés visent les parkings de magasins et stations de lavage dans les zones urbaines.

L’accueil des réfugiés a été drastiquement réduit à 7 500 places pour l’exercice fiscal 2026, contre 125 000 sous l’administration précédente. Une priorité est donnée aux Sud-Africains blancs selon les déclarations présidentielles. Le 14 janvier, la suspension des visas d’immigrants pour 75 pays a été annoncée, invoquant la lutte contre les abus du système migratoire.

Sur les droits reproductifs, l’administration n’a pas instauré d’interdiction nationale de l’avortement mais a vidé les garde-fous existants. L’abandonment de la protection fédérale liée à la loi Emtala affaiblit l’accès aux soins d’urgence incluant l’avortement lorsque la vie de la mère est en danger. Des affaires judiciaires se multiplient contre des femmes poursuivies après des fausses couches.

Entre janvier et novembre 2025, près de 50 centres du Planned Parenthood ont fermé suite aux coupes budgétaires. Le ministre de la Santé Robert F. Kennedy Jr annonce une réévaluation de la pilule abortive mifépristone. L’administration Trump envisage de restreindre son accès par télémédecine, crucial pour les femmes dans les États interdisant l’avortement.

Dès son investiture, Trump a signé un décret affirmant que l’administration fédérale ne reconnaît que deux sexes définis à la naissance. Cette redéfinition administrative interdit l’usage de la notion d’identité de genre dans les politiques fédérales. En novembre, la Cour suprême a autorisé la suppression des passeports mentionnant le genre X ou différent de celui assigné à la naissance.

L’interdiction pour les personnes diagnostiquées avec une dysphorie de genre de servir dans l’armée a été rétablie en juillet, affectant environ 4 200 à 10 000 militaires selon les estimations. L’accès aux subventions fédérales est désormais conditionné à l’exclusion des athlètes transgenres des compétitions féminines. Plusieurs États progressistes ont fermé leurs programmes de soins pour mineurs trans craignant une perte de financements.

Les coupes budgétaires suppriment les financements pour la prévention du suicide chez les jeunes LGBTQ+, population connaissant une détérioration documentée de sa santé mentale. Ces restrictions s’accumulent dans un contexte d’attaques verbales répétées contre la communauté.

L’administration Trump a engagé un bras de fer continu avec les médias par des poursuites judiciaires coûteuses, des restrictions d’accès et des menaces. L’agence Associated Press s’est vu interdire l’accès à certains événements pour avoir utilisé l’expression « golfe du Mexique » au lieu de « golfe d’Amérique ». Un juge fédéral a retoqué cette décision en avril mais révélant la volonté de contrôler la présentation de l’information.

En septembre, le Pentagone a imposé aux journalistes accrédités une autorisation explicite avant publication de certaines informations, sous peine de perdre leur badge. La majorité des médias, du New York Times à Fox News en passant par l’AFP, ont quitté leurs bureaux au Pentagone en protestation. L’accès à la Maison Blanche s’est restreint avec des laissez-passer obligatoires et des exclusions ciblées.

Après la publication par le Wall Street Journal d’un article sur les liens passés de Trump avec Jeffrey Epstein, le quotidien a été privé d’accès à Air Force One et visé par une plainte en diffamation réclamant 10 millions de dollars. Le FBI a mené le 16 janvier une perquisition au domicile d’une journaliste du Washington Post, Hannah Natanson, ravivant les inquiétudes sur la protection des sources.

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