
L’ancien chef de la transition burkinabé, ancien lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, a connu un revirement spectaculaire de fortune. Arrêté au Togo la semaine précédente, il a été expulsé après avoir été poursuivi pour tentative de déstabilisation dans son pays d’origine.
Damiba avait initialement pris le pouvoir en janvier 2022 en renversant le président élu Roch Kaboré, avant d’être lui-même évincé neuf mois après par le capitaine Ibrahim Traoré. Son règne a été bref et tumultueux, marqué par des changements rapides du pouvoir au Burkina Faso.
Depuis son départ en exil au Togo, Damiba fait régulièrement l’objet d’accusations de la part de la junte au pouvoir. Il est accusé d’orchestrer plusieurs tentatives de putsch, notamment une opération prévue en début janvier qui aurait visé l’assassinat de responsables civils et militaires clés, y compris le capitaine Traoré lui-même.
Les autorités burkinabés ont présenté des aveux d’individus prétendument impliqués dans ces complots, tous affirmant agir sur les ordres de Damiba. En avril 2025, le Burkina avait arrêté plusieurs officiers militaires. Les accusations contre Damiba se multiplient régulièrement depuis sa fuite.
Le capitaine Traoré a exprimé son désir d’obtenir l’extradition de Damiba, qui a été radié de l’armée pour intelligence présumée avec des puissances étrangères ou des groupes terroristes. Les défis sécuritaires du Burkina demeurent considérables malgré les promesses initiales de stabilisation.
Le Burkina Faso continue de subir une violence djihadiste massive affectant des zones entières du pays. Traoré a adopté une politique souverainiste en expulsant les forces militaires françaises et en nouant des partenariats régionaux avec le Niger et le Mali. Ces trois nations ont formé ensemble l’Alliance des États du Sahel, resserrant leurs liens militaires et politiques.



