Vendredi, Vladimir Poutine a signé un décret qui confie à une société russe la gestion des actifs détenus dans le pays par le groupe français Air Liquide. Cette décision s’inscrit dans une série de réactions du Kremlin à l’encontre de ce qu’il considère comme des mesures hostiles émanant de pays occidentaux, dont les États-Unis.
Ce transfert des actifs a été attribué à la société M-Logistika, alors que les relations diplomatiques entre la Russie et la France demeurent particulièrement tendues, notamment en raison de la guerre en Ukraine. Les autorités russes cherchent ainsi à renforcer leur contrôle sur les biens d’entreprises étrangères présentes sur leur territoire.
Les actifs concernés incluent notamment la coentreprise formée entre Air Liquide et Severstal, un acteur majeur de la sidérurgie russe, ainsi que différentes autres activités du groupe au sein de la Fédération de Russie. Cette mesure marque une étape supplémentaire dans le désengagement progressif des sociétés occidentales du marché russe.
Dans un communiqué, Air Liquide a déclaré avoir pris acte de cette décision, affirmant : « va étudier toutes les voies d’action qui lui sont ouvertes ». Le groupe a précisé que cette évolution ne devrait pas avoir de conséquences financières directes, rappelant qu’il avait déjà passé une provision exceptionnelle de 586 millions d’euros fin 2022, ce qui avait déprécié la totalité de ses actifs russes.
Depuis 2022, Air Liquide n’a plus d’exposition financière résiduelle en Russie, après avoir opéré un retrait du pays. La société avait alors conclu un accord pour céder ses actifs à un gestionnaire local, formalisant ainsi la fin de ses opérations directes dans la région.
À l’époque de ce retrait, Air Liquide employait environ 720 personnes en Russie. Le groupe avait également souligné que ses activités sur ce marché représentaient moins de 1 % de son chiffre d’affaires global, limitant ainsi l’impact économique de ce désengagement pour l’entreprise.



