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La Polynésie française veut interdire la cigarette électronique à partir de 2026

Baptiste Lacomme

Vendredi 29 août, l’Assemblée de la Polynésie française a débattu d’un projet de loi visant à renforcer la lutte contre le tabagisme. Au cours des discussions, la représentante Lana Tetuanui a proposé d’étendre les mesures prévues en suggérant l’interdiction totale des cigarettes électroniques ainsi que de tous leurs dérivés.

Son amendement a reçu un soutien massif, avec 51 voix pour, cinq contre et une abstention lors du vote. Le groupe Tavini huiraatira, qui détient la majorité à l’Assemblée, s’est rapidement rallié à cette initiative, exprimant son accord avec la volonté de renforcer la protection de la population face aux nouvelles formes de consommation.

Ernest Teagai, membre du Tavini, a résumé la philosophie derrière ce choix en déclarant : « Considérons l’humain plutôt que l’argent. » Cette déclaration a marqué le ton des débats, mettant en avant la nécessité de privilégier la santé publique sur les intérêts économiques liés à la vente de ces produits.

Malgré ce consensus, le président polynésien, Moetai Brotherson, a émis des réserves sur la solidité juridique de l’amendement. Il a averti que la mesure pourrait être contestée en justice, en raison du « principe de la liberté de commerce et de la proportionnalité des interdictions de commerce » inscrit dans la Constitution.

Moetai Brotherson a également précisé que « les personnes concernées peuvent se tourner vers leurs avocats pour dire que c’est une entrave à leur liberté de commerce et que c’est une interdiction qui n’est pas proportionnelle », soulignant ainsi les risques d’un éventuel recours devant les juridictions administratives.

L’amendement, intégré sous la forme d’un nouvel article, ne remettrait toutefois pas en cause l’ensemble du texte législatif si celui-ci devait être attaqué en justice. Le projet de loi continuerait donc à s’appliquer, à l’exception de la disposition éventuellement annulée.

En parallèle de ces débats, la Polynésie française fait face à des problèmes de détournement de certains dispositifs de vapotage. Des produits sont modifiés sur le territoire pour permettre la consommation de substances comme l’huile de cannabis ou la méthamphétamine, connue localement sous le nom de « ice ».

Selon les chiffres avancés par le ministère de la santé locale, on recenserait jusqu’à 30 000 consommateurs réguliers de méthamphétamine sur l’ensemble du territoire, illustrant la gravité du phénomène et renforçant les arguments en faveur d’un encadrement strict des produits de vapotage.

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