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Les Kurdes abandonnent un camp de familles de jihadistes de l’EI pour protéger leurs régions menacées par l’armée syrienne

Baptiste Lacomme

Les autorités kurdes ont déclaré mardi qu’elles devaient abandonner le camp d’al-Hol pour défendre leurs territoires face aux avancées militaires syriennes. Les Forces démocratiques syriennes ont justifié ce retrait en soulignant que leur présence s’avérait impossible dans ces circonstances de conflit immédiat et de menaces directes contre leurs zones de contrôle.

Le camp al-Hol demeure le plus grand centre de détention de la région autonome kurde en Syrie. Il accueille actuellement environ 24 000 personnes, incluant 15 000 ressortissants syriens ainsi que 6 300 femmes et enfants originaires de 42 pays différents, parmi lesquels des citoyens occidentaux liés aux familles de combattants du groupe terroriste.

Le ministère syrien de la défense a déclaré être prêt à assumer la gestion complète du camp et des installations pénitentiaires hébergeant les prisonniers jihadistes. Le ministère de l’intérieur syrien a également affirmé mettre en place les dispositifs de sécurité adéquats en collaboration avec les partenaires internationaux pour maintenir l’ordre suivant le départ des forces kurdes.

Un accord de cessez-le-feu stipule que l’État syrien doit devenir responsable des détenus de l’État islamique et que l’administration kurde transitera vers les structures gouvernementales officielles. L’armée syrienne s’est redéployée lundi sur d’importants secteurs du nord après le retrait des forces kurdes et concentre désormais ses effectifs aux portes de Hassaké, centre de la zone autonome encore contrôlée par les Kurdes.

Une dirigeante kurde de haut rang a remis en question la validité de l’accord avec Damas en raison de la poursuite des hostilités et de l’absence de véritables négociations. Elle a également exprimé sa frustration face au silence de la communauté mondiale, déplorant que les demandes d’intervention internationale restent sans réponse depuis plusieurs mois malgré l’urgence de la situation.

Les forces kurdes, appuyées par la coalition internationale dirigée par les États-Unis, ont joué un rôle décisif dans la défaite de l’organisation terroriste en 2019. Leur engagement contre l’État islamique a constitué le fondement de leur légitimité dans la région et de leur capacité à maintenir l’ordre dans ces territoires jusqu’à présent.

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