
Lors de son interrogatoire devant la cour d’appel de Paris le 20 janvier, Marine Le Pen a rejeté catégoriquement l’existence d’un système de détournement de fonds européens destiné à financer son parti. Entendue quatre heures durant, la dirigeante du Rassemblement national a manifesté des difficultés à convaincre les magistrats. Elle a reconnu une mutualisation occasionnelle d’assistants parlementaires tout en contestant formellement toute organisation volontaire visant à soulager les finances de la formation politique.
À la barre, la politicienne a affirmé que le terme « système » lui déplaisait, car il suggérait une manipulation délibérée. Elle conteste l’idée selon laquelle des assistants auraient été détournés vers des contrats européens dans le but d’alléger le budget du parti. La cour d’appel examine des accusations formulées lors du procès en première instance, qui prétendait que des collaborateurs travaillaient réellement pour le Front national tout en étant rémunérés sur les fonds publics européens.
Concernant la mutualisation de personnels parlementaires, Marine Le Pen reconnaît que cette pratique a « pu exister de manière ponctuelle ». Elle soutient que des assistants embauchés par un député travaillaient parfois pour plusieurs parlementaires simultanément. Selon sa défense, bien que ce fonctionnement n’ait peut-être pas été idéal, tous ces collaborateurs exerçaient réellement des fonctions et ne constituaient pas des emplois fictifs.
Les difficultés pour la défense surgissent lorsque la cour examine les détails spécifiques du dossier. Un email d’un eurodéputé, rédigé après une réunion de juin 2014, stipule que Marine Le Pen aurait demandé la signature de contrats pour des emplois fictifs. Le trésorier du parti de l’époque aurait répondu que « Marine sait tout cela ». Marine Le Pen dénonce ces propos comme mensongers, les attribuant à des personnes hostiles dotées d’intentions malveillantes.
Confrontée à ce courrier, la présidente de la cour observe que cette correspondance confère une certaine crédibilité aux accusations. Marine Le Pen réagit en qualifiant le message de « tissu de mensonges ». Elle propose une autre interprétation : l’eurodéputé aurait peut-être craint qu’elle ne demande que ses assistants proviennent du Front national. La magistrate rectifie calmement, précisant que l’email traite explicitement d’emplois fictifs, non de l’origine des collaborateurs.



