
Face aux menaces renouvelées de Donald Trump, les responsables européens privilégient la négociation plutôt que l’affrontement direct. À Washington, les observateurs ne s’attendent guère à une réaction musclée du continent. Le président américain a réitéré son intention d’annexer le Groenland et d’augmenter les tarifs douaniers contre six nations européennes dès février, sans craindre une riposte majeure.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a ouvertement ridiculisé les capacités de réaction de l’Union, déclarant que les Européens ne disposeraient que de groupes de travail comme instruments de défense. Ces propos reflètent la faiblesse perçue de la position européenne dans les négociations commerciales avec Washington. Le continent semble dépourvu de leviers de pression crédibles aux yeux de l’administration américaine.
Depuis plusieurs années, la stratégie européenne s’est fondée sur le dialogue et les compromis plutôt que sur l’affrontement. En juillet 2025, l’Union a accepté un accord commercial défavorable avec les États-Unis, renforçant l’impression d’une Europe soumise et sans moyens de défense. Cette approche accommodante a progressivement endommagé la crédibilité européenne sur la scène internationale.
Les eurodéputés critiquent vivement cette passivité prolongée. Nathalie Loiseau, représentante du groupe Renew, dénonce l’illusion entretenue autour du partenariat transatlantique. Selon elle, une année de discussions n’a produit que des concessions unilatérales sans bénéfices tangibles pour l’Europe. Cette autocritique révèle des divisions croissantes au sein du Parlement européen sur la conduite des relations avec Washington.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, maintient une posture de dialogue constructif malgré les provocations. Cependant, sa stratégie fait face à une opposition croissante au sein des institutions européennes. Le consensus politique se fracture entre partisans de la fermeté et défenseurs du dialogue, rendant la formulation d’une position commune de plus en plus difficile pour le continent.



