
Un tribunal situé près de Kyoto, dans la préfecture de Nara, a prononcé une condamnation à la prison à vie mercredi 21 janvier contre Tetsuya Yamagami, auteur du meurtre de l’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe. Cet acte criminel remonte à plus de trois ans. Yamagami, âgé de quarante-cinq ans, avait avoué son culpabilité dès le début des poursuites judiciaires engagées contre lui.
Le mobile du crime était directement lié aux liens de l’ancien Premier ministre avec l’Église de l’Unification, organisation religieuse désignée internationalement sous le terme de « secte Moon ». Cette entité religieuse entretient des rapports étroits avec les sphères politiques nipponnes et se trouve accusée d’imposer des contributions financières substantielles à ses adeptes. Yamagami reprochait personnellement à Abe d’avoir soutenu cette organisation.
La motivation profonde du meurtrier provenait de blessures familiales causées par l’organisation religieuse. Sa mère, devenue inconsolable suite au suicide de son époux, avait versé environ un million de dollars à cette structure. Cette contribution financière l’avait conduite à déclarer faillite personnelle en deux mille deux. Yamagami estimait que l’ancien dirigeant avait anéanti l’existence de sa famille.
Les autorités judiciaires avaient qualifié ce crime d’« événement sans précédent dans l’histoire d’après-guerre » du Japon. Le ministère public soulignait les répercussions extraordinairement graves que cet assassinat avait provoquées dans la société japonaise. Le jugement rendu n’a provoqué aucune déclaration officielle de la part des autorités gouvernementales.
Pendant plusieurs décennies, Shinzo Abe et son Parti libéral-démocrate ont maintenu des relations problématiques avec la « secte Moon ». L’organisation apportait notamment un soutien financier aux campagnes électorales du parti. Cet organisme religieux, fondé en mille neuf cent cinquante-quatre en Corée du Sud, adopte une orientation ultra-conservatrice et anti-communiste très marquée.
Le leader de ce mouvement religieux, Moon Sun-myung, s’impliquait directement en politique, établissant des contacts avec des personnalités de haut rang, notamment l’ancien président américain Richard Nixon. Le Japon constituait cependant la source principale des revenus de l’organisation. L’institution généralisait l’exercice de pressions financières excessives auprès de ses adhérents pour alimenter ses cofres.
En deux mille vingt-cinq, une cour de justice tokyoïte a ordonné la dissolution de la filiale nippone de la « secte Moon ». Cette décision était justifiée par les effets dévastateurs et inédits que l’organisation avait causés à la collectivité japonaise tout entière.



