
Des cas de diarrhée et de vomissements chez les nourrissons ont suscité l’inquiétude des parents. En réponse, plusieurs fabricants de lait infantile ont lancé des rappels de produits dans une dizaine de pays européens. La substance responsable est la céréulide, une toxine bactérienne capable de provoquer des vomissements importants peu après sa consommation.
Les géants de l’agroalimentaire Nestlé, Danone et Lactalis ont annoncé le rappel de lots de lait infantile en raison de la présence suspectée de céréulide. Les autorités singapouriennes ont également détecté cette même substance dans du lait produit par Danone et ont ordonné son retrait du marché. Plusieurs dizaines de pays sont touchés par cette contamination.
La céréulide est une toxine produite par des bactéries appelées Bacillus cereus, largement distribuées dans l’environnement naturel comme la terre, l’eau et les végétaux. Ces micro-organismes colonisent de nombreux aliments. Lorsqu’ils sont exposés à une chaleur insuffisante puis refroidis, ils forment des spores et génèrent de la céréulide.
La céréulide provoque des vomissements dans les heures suivant l’ingestion, ce qui la classe parmi les substances dites émétiques. Les symptômes incluent nausées, vomissements et parfois diarrhées, apparaissant entre une et cinq heures après l’absorption et disparaissant généralement en moins de vingt-quatre heures. Cette intoxication a acquis le nom de syndrome du riz frit, car elle était souvent associée au riz réchauffé.
Pour les laits rappelés, la contamination provient d’un ingrédient fourni par un sous-traitant. Il s’agit spécifiquement d’une huile riche en acide arachidonique, composant ajouté au lait infantile pour le rapprocher du lait maternel. Cet acide est produit par fermentation microbienne puis incorporé dans l’huile.
Les infections à Bacillus cereus demeurent peu fréquentes, avec environ cinq cas par million d’habitants annuellement en France. Les autorités sanitaires les qualifient généralement de bénignes. Cependant, les vomissements peuvent entraîner des complications graves chez les populations vulnérables, notamment les nourrissons, les personnes âgées et les femmes enceintes.
Une enquête a été lancée par les autorités sanitaires françaises suite au décès d’un nourrisson ayant consommé du lait infantile Nestlé. À ce stade, aucun lien direct n’a pu être établi formellement entre le décès et la contamination à la céréulide.



