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La Maison Blanche reçoit Delcy Rodriguez, présidente par intérim du Venezuela

Rob Laurens

Un représentant de la Maison Blanche a annoncé mercredi que Delcy Rodriguez, présidente par intérim du Venezuela, visiterait Donald Trump. Cette ancienne vice-présidente de Nicolas Maduro, arrêté le 3 janvier par les autorités américaines, entreprendrait ce déplacement sans date précisée pour le moment.

Rodriguez, qui demeure soumise aux sanctions américaines, a déclaré parallèlement aux élus locaux engager un processus de dialogue avec les États-Unis pour aborder les divergences par la diplomatie. Elle n’a pas explicitement commenté l’invitation de la Maison Blanche, préférant souligner une approche sans crainte face aux difficultés bilatérales.

Ce serait la première visite d’un dirigeant vénézuélien aux États-Unis depuis plus de vingt-cinq ans, hors des réunions des Nations unies à New York. Le dernier chef d’État s’étant rendu pour une rencontre officielle avec un président américain remonte aux années 1990, lors de l’entrevue entre Carlos Andres Perez et George H. W. Bush. Le virage socialiste sous Hugo Chavez a ensuite détérioré les relations bilatérales.

Trump adopte une stratégie pragmatique envers le Venezuela, affirmant bien fonctionner avec Rodriguez tout en ne cachant pas son intérêt pour le pétrole. Cependant, il maintient plusieurs options ouvertes, exprimant mardi le souhait d’impliquer Maria Corina Machado, cheffe de l’opposition et lauréate du prix Nobel de la paix, dans la gestion du pays.

Investie le 5 janvier, deux jours après la capture spectaculaire de Maduro, Rodriguez semble consentir à de nombreuses concessions sous la pression américaine. Trump l’a menacée de nouvelles attaques si elle ne répondait pas favorablement à ses exigences, consolidant son influence sur la direction vénézuélienne.

Au Venezuela, les libérations de prisonniers politiques progressent lentement. Sur plus de 800 détenus, environ 150 seulement ont été relâchés selon les ONG. Les familles attendent toujours les engagements pris, notamment pour Javier Tarazona, militant pour les droits humains emprisonné depuis juillet 2021.

La Commission interaméricaine des droits de l’Homme a accusé Caracas de maintenir des centres de détention clandestins. Gloria Monique de Mees, rapporteuse spéciale, souligne que ces installations révèlent les violations structurelles et l’absence de surveillance institutionnelle efficace du régime vénézuélien.

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