
Le groupe laitier français Lactalis a lancé un rappel massif de lait infantile affectant plus d’une dizaine de pays et des millions de nourrissons mondiaux. Cette action intervient quelques semaines après un rappel similaire du géant suisse Nestlé. Les deux campagnes partagent une origine commune : un fournisseur chinois d’acide arachidonique, substance essentielle entrant dans la composition de certains laits infantiles.
Les autorités françaises connaissaient depuis au moins cinq jours la contamination potentielle des produits Lactalis, selon une enquête de Radio France publiée le 21 janvier. La Direction générale de l’alimentation avait été informée dès le vendredi 16 janvier de la présence de céréulide dans les produits concernés. Cependant, les analyses initiales n’avaient pas révélé de taux problématiques dans les produits finis, selon les explications de l’administration.
La céréulide, une toxine d’origine bactérienne, peut provoquer diarrhées et vomissements chez les nourrissons. Elle se développe dans certaines conditions lorsque des bactéries sont insuffisamment chauffées puis refroidies. Cette contamination revêt une importance capitale puisque les laits infantiles sont extrêmement surveillés, destinés à alimenter des bébés en remplacement ou complément du lait maternel.
En France, les autorités sanitaires ont ouvert des investigations suite au décès d’un nourrisson consommateur de lait Nestlé rappelé, bien qu’aucun lien direct n’ait pu être établi pour l’instant. Le secteur du lait infantile a connu plusieurs alertes sanitaires récentes. Lactalis fait l’objet d’une mise en examen depuis 2023 pour « tromperie aggravée » et « blessures involontaires » en raison de sa gestion de la crise sanitaire de 2017-2018, durant laquelle plusieurs dizaines de nourrissons français avaient contracté une salmonellose.
Lactalis organise le rappel dans 17 pays : Australie, Chili, Chine, Colombie, Congo-Brazzaville, Équateur, Espagne, Géorgie, Grèce, Koweït, Madagascar, Mexique, Ouzbékistan, Pérou, République Tchèque et Taïwan. En France métropolitaine, c’est la marque Picot, commercialisée en pharmacies et supermarchés, qui est concernée. Seuls quelques lots produits en France sont affectés, a précisé l’entreprise sans fournir de détails.
Lactalis n’a pas divulgué l’identité de son fournisseur d’acide arachidonique, indiquant que celui-ci était distribué par un grossiste européen partenaire. Aucune plainte ni signalement relatif à la consommation de ces produits n’a été signalé aux autorités françaises à ce jour. Ces rappels entraînent des répercussions majeures sur les cours boursiers et la confiance des consommateurs envers ces géants du secteur.
Nestlé procède à un rappel bien plus large couvrant environ soixante pays. Philipp Navratil, président du groupe, a présenté des excuses mi-janvier face aux accusations d’ONG dénonçant un retard dans la prise de mesures. L’association Foodwatch a annoncé le dépôt d’une plainte contre X pour clarifier ces rappels, affirmant que des millions de nourrissons mondiaux étaient potentiellement concernés par cette contamination.



