International

La prison d’Al-Hol en Syrie demeure un foyer de radicalisation islamiste malgré son surpeuplement chronique et ses conditions désastreuses

Baptiste Lacomme

Le camp de détention d’Al-Hol, situé dans le nord-est syrien, accueille depuis des années des femmes et des enfants de combattants étrangers liés à l’organisation État islamique. Le gouvernement syrien a récemment pris contrôle du site après le retrait des Forces démocratiques syriennes dominées par les Kurdes. Des milliers de personnes vivent dans des conditions complexes, notamment dans l’annexe réservée aux familles de djihadistes étrangers.

Les enfants originaires d’Asie centrale, particulièrement ceux de plus de douze ans, ont connu une existence difficile au sein de ce camp. Certains ont été maintenus cachés pour éviter des transferts vers des centres de détention spécialisés pour adolescents situés à Kamechliyé. Ces jeunes ont grandi dans un environnement carcéral, séparés de leurs pères et privés de liberté depuis plusieurs années.

Abdallah, un adolescent tadjik âgé de treize ans, représente l’une de ces nombreuses situations tragiques. Il n’a aucune nouvelle de son père depuis la chute de Baghouz en 2019, dernier bastion de l’État islamique en Syrie repris par les forces internationales. Amené au camp avec sa mère et ses frères et sœurs par les forces kurdes, il ignore le destin de son parent et vit dans l’incertitude.

Les espoirs de ces enfants demeurent limités face à leurs circonstances. Abdallah souhaite simplement obtenir un emploi et vivre en Syrie, seul pays qu’il connaît vraiment. Le retour dans son pays natal comporte des risques importants, notamment celui d’être enrôlé dans l’armée. Cette réalité illustre le dilemme auquel font face ces enfants nés ou élevés dans les camps.

La situation globale du camp reflète un enjeu humanitaire majeur demeurant sans solution durable. Des dizaines de milliers de familles étrangères restent détenues en attente d’une résolution politique et judiciaire. Le changement de contrôle administratif n’a pas fondamentalement amélioré les conditions de vie ni ouvert de perspectives claires pour ces populations vulnérables.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer