
Donald Trump persiste dans son intérêt pour le Groenland, malgré un ton plus modéré. Mercredi 21 janvier, à Davos, il a annoncé avoir élaboré les fondements d’un futur accord concernant le Groenland et l’Arctique en collaboration avec Mark Rutte, secrétaire général de l’Otan. Cette déclaration intervient dans un contexte géopolitique complexe où les États-Unis cherchent à renforcer leur présence stratégique.
Les habitants de Nuuk, capitale groenlandaise, ont accueilli cette annonce avec méfiance et agacement. Interrogés par l’AFP, ils ont exprimé leur incrédulité, rappelant que le Groenland ne peut être disposé comme un simple objet de négociation. Ces réactions reflètent l’opposition locale à toute forme de cession ou de contrôle américain du territoire autonome danois.
Trump affirme que cet accord sera très avantageux pour les États-Unis et tous les membres de l’Otan, sans toutefois préciser ses contours. Sur cette base, il renonce aux droits de douane qu’il envisageait d’imposer dès février à huit pays européens, dont la France et le Danemark. Ces pays s’opposaient au projet d’accord initial, et cette concession représente un retournement stratégique notable.
Le projet inclut des discussions supplémentaires concernant le Dôme d’or, un bouclier antimissile que Trump souhaite édifier en trois ans. Ce système, inspiré du Dôme de fer israélien, exigerait selon le président américain le contrôle total du Groenland pour y implanter des satellites, des caméras de surveillance et des radars. Il permettrait également d’étendre la base militaire américaine déjà présente sur l’île.
Mark Rutte a expliqué que les négociations visent à protéger collectivement sept pays arctiques contre la Russie et la Chine. L’objectif est d’empêcher ces puissances d’accéder économiquement et militairement au Groenland. Cette dimension sécuritaire justifie, selon le secrétaire général de l’Otan, les discussions en cours avec Washington.
Trump reste flou sur la question cruciale de la souveraineté. Interrogé directement, il évite une réponse précise, qualifiant l’accord de « long terme par excellence » sans clarifier si les États-Unis revendiqueraient la possession du territoire. Rutte affirme que ce sujet n’a pas été abordé lors de leurs discussions, créant une ambiguïté troublante quant aux véritables intentions américaines.
Selon le New York Times, deux officiels américains auraient mentionné un modèle inspiré des bases britanniques souveraines à Chypre, ce qui suggère une forme de contrôle territorial américain. Cette hypothèse contredit les dénégations officielles et alimente les inquiétudes concernant la préservation réelle de la souveraineté groenlandaise et danoise.
Washington et Copenhague envisagent de renégocier leur accord de défense datant de 1951, qui avait accordé aux États-Unis une latitude quasi totale pour construire et gérer des bases militaires. En 2004, ce traité avait été révisé pour limiter la présence américaine à la seule base de Pittufik, toute expansion requérant une consultation préalable. Cette nouvelle renégociation pourrait élargir significativement les prérogatives militaires américaines.
La Première ministre danoise Mette Frederiksen a déclaré que le Danemark et le Groenland maintiendraient un dialogue sur la sécurité arctique, à condition que celui-ci respecte l’intégrité territoriale nationale. De son côté, le vice-Premier ministre groenlandais Mute Egede a réaffirmé que son pays ne serait ni cédé ni objet de marchandages sur son avenir, marquant fermement les limites de toute négociation.



