
Les tensions entre l’Iran et Washington s’intensifient alors que Téhéran multiplie les avertissements militaires. Le commandant des Gardiens de la révolution islamique a déclaré jeudi que ses forces avaient « le doigt sur la gâchette » après plusieurs semaines de manifestations massives et de répression brutale sur le territoire iranien.
Donald Trump affiche une position contrastée sur la question iranienne. Lors de son intervention au Forum économique de Davos, il a estimé que Téhéran veut engager un dialogue, affirmant que les deux pays auraient l’intention de converser. Parallèlement, Trump a justifié les frappes aériennes contre des installations d’enrichissement d’uranium datant de juin, présentées comme une mesure préventive contre les ambitions nucléaires iraniennes.
Malgré ces paroles apaisantes, le président américain a également évoqué l’envoi d’une « armada » navale en direction du Golfe », suggérant que les États-Unis maintiennent une posture de dissuasion militaire. Cette dualité rhétorique reflète l’ambiguïté de la stratégie américaine face aux développements en Iran.
Mohammad Pakpour, nommé à la tête des Gardiens après la mort de son prédécesseur lors des bombardements de juin, a formulé des menaces explicites. Il a invité Israël et les États-Unis à tirer les leçons de leur récent conflit de douze jours pour éviter un « sort douloureux ». Un officiel militaire iranien, le général Ali Abdollahi Aliabadi, a précisé que tous les intérêts américains seraient des cibles légitimes en cas d’attaque.
L’Iran accuse les puissances occidentales d’instrumentaliser les mouvements contestataires. Le président iranien Massoud Pezeshkian a qualifié jeudi les actions américaines et israéliennes de « vengeance lâche » suite à leur défaite militaire de janvier 2025.
Le coût humain des répressions reste extrêmement élevé et incertain. Les autorités iraniennes ont annoncé 3 117 décès, mais les organisations de défense des droits humains avancent des chiffres bien supérieurs. L’ONG Iran Human Rights documente au moins 3 428 morts, avec la possibilité que le bilan dépasse 20 000 personnes selon certaines estimations.
Un blackout internet nationwide persiste depuis deux semaines, permettant selon les experts en cybersécurité aux autorités de dissimuler l’ampleur de la répression. Netblocks a confirmé que l’accès demeure extrêmement limité et sporadique, restreint principalement aux sites gouvernementaux.



