
Les autorités américaines ont déclaré, le 21 janvier, organiser le transfert de quelque 7 000 prisonniers affiliés à l’État islamique depuis la Syrie vers l’Irak. Cette opération répond aux préoccupations de sécurité croissantes en raison des affrontements entre l’armée damascène et les forces kurdes syriennes dans le nord-est du pays.
Washington estime que la mission principale des Forces démocratiques syriennes contre l’EI a largement abouti. Le gouvernement syrien apparaît désormais capable de reprendre la responsabilité des installations carcérales jusqu’alors gérées par les Kurdes et de maintenir la sécurité dans ces structures pénitentiaires stratégiques.
Le Centcom a confirmé le transport réussi de 150 combattants de l’État islamique provenant d’une prison à Hassaké vers un endroit sécurisé en Irak. Au total, jusqu’à 7 000 détenus pourraient être acheminés de Syrie vers des installations contrôlées par les autorités irakiennes. L’amiral Brad Cooper a souligné que ce transfert méthodique s’avère essentiel pour prévenir les évasions massives susceptibles de compromettre la stabilité régionale et américaine.
L’Irak a annoncé jeudi qu’il engagerait des poursuites judiciaires contre les prisonniers transférés. Le Conseil judiciaire suprême a précisé que les accusés seraient placés dans des institutions pénitentiaires appropriées et soumis à des procédures légales adéquates.
Les forces kurdes font face à une avancée militaire syrienne progressive dans le nord-est. Le président Ahmad al-Charaa cherche à étendre l’autorité gouvernementale sur l’ensemble du territoire national. Les Kurdes avaient établi une zone autonome couvrant un quart du pays pendant le conflit civil qui a duré de 2011 à 2024.
Un accord imposé par Damas stipule que l’État syrien assumera la responsabilité des prisonniers de l’EI et que l’administration kurde chargée de ce dossier sera intégrée aux structures gouvernementales. Cette disposition représente un revers significatif pour les Kurdes, qui considèrent les États-Unis les ayant abandonnés dans leur combat antijihadiste.
Mardi, les Forces démocratiques syriennes ont déclaré se retirer du camp al-Hol, le plus grand centre de détention de jihadistes, pour défendre leurs régions menacées par l’offensive militaire. Les troupes syriennes ont pénétré mercredi dans ce vaste camp où des milliers de tentes blanches s’étendent sur un territoire immense. Les soldats ont forcé les barrières métalliques et investi les lieux systématiquement.
Al-Hol accueille approximativement 24 000 personnes, incluant 15 000 Syriens et environ 6 300 femmes et enfants étrangers provenant de 42 pays différents. Parmi eux figurent des ressortissants français et occidentaux que leurs gouvernements refusent de rapatrier. Les détenus syriens et irakiens occupent le camp principal tandis que les étrangers sont confinés dans une annexe strictement isolée.
Oum Sadek, une Syrienne de 33 ans détenue au camp, a exprimé son espoir auprès de correspondants de l’AFP. Elle a décrit son séjour comme un véritable calvaire et attend une approche plus bienveillante du nouveau gouvernement syrien. Ibrahim Ibrahim, adolescent de 18 ans originaire d’Alep, témoigne qu’il a intégré le camp à seulement 10 ans et demeure totalement déconnecté du monde extérieur.
Lundi, les forces kurdes ont affirmé qu’une autre prison de jihadistes, Chaddadi, avait subi une attaque des troupes gouvernementales. Les autorités damascènes ont contré en accusant les Forces démocratiques syriennes d’avoir délibérément libéré des détenus de l’EI. Le ministère de l’Intérieur a rapporté que 120 membres de l’EI s’étaient échappés et que 81 fugitifs avaient pu être appréhendés ultérieurement.
Donald Trump a affirmé avoir empêché une évasion de terroristes européens de cette installation pénitentiaire en coopération avec les autorités syriennes. Les Forces démocratiques syriennes gèrent toujours un autre camp, Roj, situé près de la frontière turque et non affecté par ces opérations militaires actuelles.
Dans la province de Raqqa, l’armée damascène s’est déployée mercredi autour de la prison d’Al Aqtan, demeurée sous contrôle kurde. Le gouvernement islamiste syrien a annoncé mardi un nouveau cessez-le-feu avec les forces kurdes. Mercredi, les deux parties s’sont mutuellement accusées de l’avoir violé, compromettant tout accord de paix durable.
L’armée syrien a déclaré que sept soldats ont péri lors d’une attaque par drone qu’elle attribue aux forces kurdes, qui ont nié toute responsabilité dans l’incident. Damas a imparti un délai de quatre jours, expirant samedi soir, aux Kurdes syriens pour présenter un plan détaillé concernant l’intégration de leur région au sein de l’État central.



