FranceInternational

Des ressortissants européens se trouvent parmi les cent cinquante prisonniers de l’État islamique acheminés depuis la Syrie jusqu’à l’Irak

Esteban Ortega

Une opération militaire américaine a permis le transfert de 150 détenus de haut rang du groupe État islamique depuis la Syrie vers l’Irak. Des ressortissants européens figurent parmi ces prisonniers transférés, selon deux responsables irakiens de la sécurité. L’Union européenne a exprimé son inquiétude face aux risques potentiels d’évasions de combattants jihadistes dans ce contexte instable.

Le groupe transféré mercredi comprend 85 prisonniers irakiens et 65 ressortissants d’origines diverses, notamment européenne, soudanaise, somalienne et caucasienne. Tous sont actuellement emprisonnés à Bagdad et détiennent le rang d’émir au sein de l’organisation terroriste. Chacun d’eux a participé aux opérations de l’État islamique en Irak, particulièrement à l’offensive de 2014 qui avait permis au groupe de conquérir de vastes territoires.

Washington avait annoncé le transfert vers un emplacement sûr en Irak, avec la possibilité que jusqu’à 7 000 prisonniers supplémentaires soient concernés. Cette décision intervient alors que des combats opposent l’armée syrienne aux forces kurdes, qui contrôlaient les centres de détention depuis 2019. Ces affrontements créent des failles dans la surveillance des détenus et augmentent les risques d’évasion organisée.

Les Forces démocratiques syriennes, dominées par les Kurdes, ont déclaré mardi être contraintes d’abandonner le camp d’al-Hol pour défendre leurs régions menacées. La Commission européenne a déclaré que les évasions présumées de militants de Daech sont extrêmement préoccupantes et suit attentivement la situation, notamment les transferts vers l’Irak de combattants terroristes étrangers restants.

L’ONU a confirmé que le camp d’al-Hol connaît une situation volatile depuis l’arrivée des troupes militaires le 23 janvier. Les tribunaux irakiens ont condamné des centaines de membres de l’État islamique par le passé, mais des organisations de défense des droits humains ont soulevé des préoccupations concernant des procès expéditifs et des aveux obtenus sous la torture.

Le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani a demandé aux pays européens de rapatrier leurs ressortissants affiliés à l’organisation État islamique. Lors d’une conversation avec le président français Emmanuel Macron, il a souligné que les pays européens doivent assumer leurs responsabilités en accueillant et en poursuivant ces individus selon leurs propres systèmes judiciaires respectifs.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer