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Les laboratoires français manquent d’accréditation pour détecter la toxine responsable de la contamination des laits infantiles

Rob Laurens

Deux nourrissons sont décédés fin décembre et début janvier après avoir consommé du lait infantile reconstitué. Les autorités nient un lien de causalité établi, mais cette position se heurte à une réalité troublante : aucun laboratoire accrédité en France ne peut détecter la toxine suspectée dans les prélèvements biologiques des bébés.

La toxine incriminée est le céréulide, produite par la bactérie Bacillus cereus. Elle provoque nausées, vomissements graves et complications mortelles potentielles. Depuis des années, des chercheurs avertissent que ce risque est sous-estimé. Les traitements thermiques utilisés dans la fabrication des poudres infantiles ne détruisent pas cette toxine.

Manon a personnellement confronté cette impasse. Sa fille de quatre mois a violemment vomi après consommer un lait Picot appartenant aux lots rappelés. À l’hôpital, les examens ont écarté toute infection virale ou bactérienne connue. Les médecins suspectaient le lait mais ne pouvaient pas le prouver scientifiquement. Cette situation laisse les parents dans l’incertitude face à la maladie de leur enfant.

La France manque d’un centre national de référence pour déterminer cette contamination spécifique. Le ministère de la Santé confirme qu’aucune méthode n’existe actuellement pour détecter le céréulide directement dans les prélèvements biologiques. De plus, cette toxine n’est même pas réglementée dans les denrées alimentaires.

Les analyses en cours concernent seulement les poudres de lait consommées par les enfants décédés. Cette lacune critique entrave l’établissement des responsabilités et de la causalité. Sans capacité diagnostique, les autorités sanitaires ne pourront pas établir avec certitude si la contamination a provoqué les décès. Cette faille majeure persiste malgré l’urgence sanitaire manifeste.

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