
Le procureur a requis trois ans d’emprisonnement ferme vendredi contre le réalisateur Christophe Ruggia, poursuivi pour agressions sexuelles envers l’actrice Adèle Haenel entre 2001 et 2004. Cette demande intervient lors de l’appel jugé à Paris, où la victime a témoigné de son profond traumatisme.
Adèle Haenel a livré un témoignage émouvant devant la cour, décrivant la honte et la destruction causées par ces agressions commises lorsqu’elle était enfant. L’actrice, récompensée par deux César, a expliqué comment ces actes l’ont marquée durablement et continuent de l’affecter profondément aujourd’hui.
Les faits reprochés ont eu lieu suite au tournage du film Les Diables, où Ruggia, alors âgé de vingt-quatre ans de plus, avait offert à la jeune actrice son premier rôle cinématographique. Selon les accusations, il aurait profité de son ascendant professionnel sur l’adolescente lors de visites hebdomadaires à son domicile parisien.
Le réalisateur maintient son innocence avec véhémence, niant catégoriquement les accusations. Il justifie les rencontres à son domicile comme des moments de transmission culturelle et pédagogique, affirmant qu’il partageait ses connaissances cinématographiques avec une jeune comédienne en début de carrière.
En première instance, le tribunal avait reconnu que Ruggia avait exploité son influence sur la jeune actrice, considérant que l’adolescente ne pouvait pas s’opposer à cette emprise. Il avait alors été condamné à quatre ans de prison, dont deux ferme à effectuer sous surveillance électronique.
Depuis son rôle majeur dans Portrait de la jeune fille en feu en 2019, Adèle Haenel a cessé sa carrière au cinéma en 2020 pour se consacrer au théâtre et l’engagement politique de gauche.



