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L’école coranique sénégalaise au centre d’accusations de maltraitance d’élèves

Baptiste Lacomme

Au Sénégal, une institution d’enseignement coranique fait face à des accusations graves de maltraitance d’enfants. L’établissement en question, l’American Dara Academy, est un pensionnat privé situé aux alentours de Dakar. Il accueillait des jeunes anglophones désireux de suivre un cursus alliant éducation islamique et programme américain. Des signalements d’actes violents ont émergé en août 2025, puis réitérés en décembre de la même année.

L’ambassade américaine a alerté les autorités judiciaires sénégalaises en janvier 2026 concernant des allégations de violences contre des mineurs ressortissants américains. Cette démarche a déclenché une enquête officielle menée par les forces de l’ordre dans les localités de Keur Massar et Toubab Dialao, en périphérie dakaroise. Le procureur de la République de Pikine-Guediawaye a été saisi des faits.

Deux incidents distincts ont permis de lever le voile sur cette situation préoccupante. Un premier étudiant a pu s’échapper de l’établissement en août et a contacté les services diplomatiques américains. Ultérieurement, un deuxième pensionnaire a dénoncé à son tour des pratiques violentes affectant plusieurs camarades de classe.

Les investigations policières ont révélé un système punitif extrêmement brutal. Des enfants âgés de treize à seize ans ont confirmé aux enquêteurs l’utilisation de bâtons et de barres métalliques comme instruments de châtiment. Ils ont également décrit l’existence d’une cellule d’isolement où étaient confinés les élèves ayant commis des infractions jugées graves. Ces structures carcérales informelles fonctionnaient sans aucun dispositif légal de protection de l’enfance.

Quatre responsables de l’American Dara Academy ont été appréhendés le dix-neuf janvier. Ils ont été mis en détention provisoire et poursuivis pour exploitation sans autorisation d’établissement d’enseignement privé et pour violences avec intention de blesser. Les accusés nient catégoriquement tous les chefs d’inculpation qui leur sont imputés.

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