
Dans la nuit de vendredi à samedi, une attaque aérienne meurtrière a frappé la Birmanie, coûtant la vie à au moins 19 lycéens âgés de 15 à 21 ans, alors qu’ils dormaient dans deux établissements privés situés à Kyauktaw. Ce drame suscite une vive émotion dans la région.
L’Armée d’Arakan (AA), l’un des principaux groupes armés opposés à la junte militaire en place depuis le coup d’État de 2021, a accusé les autorités birmanes d’être responsables de cette opération. Selon un communiqué diffusé sur Telegram, l’attaque aurait spécifiquement visé les deux établissements scolaires.
Les informations recueillies par le média local Myanmar Now font état de deux bombes de 227 kg larguées par un appareil militaire sur l’un des lycées, alors que les élèves dormaient. Les circonstances de l’attaque n’ont fait qu’accentuer la douleur des familles touchées par la tragédie.
La région de l’État de Rakhine, contrôlée en partie par l’Armée d’Arakan, est depuis plusieurs mois le théâtre d’une intensification des violences entre groupes armés et forces gouvernementales. Les civils se retrouvent fréquemment pris au piège de ces affrontements.
L’Unicef a fermement dénoncé ce drame, qualifiant l’événement d’« attaque cruelle » et soulignant qu’il s’inscrit dans une « violence de plus en plus dévastatrice » dans l’État de Rakhine, « où les enfants et les familles le paient de leur vie ».
La situation humanitaire dans la région ne cesse de se dégrader. En août, l’ONU rapportait que 57 % des familles du centre de l’État de Rakhine ne parvenaient plus à couvrir leurs besoins alimentaires essentiels, contre 33 % en décembre précédent, la situation étant sans doute « bien pire » dans les zones plus isolées.
Les récents événements mettent en lumière la fragilité persistante de la population civile dans l’ouest du pays, prise en étau entre les ambitions militaires et l’escalade des conflits armés, alors que la communauté internationale peine à faire entendre sa voix.



